Les monnaies du G7 font le grand écart

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À peine intronisé, le nouveau secrétaire au Trésor américain, Timothy Geithner, a repris à son compte le credo mis en musique pour la première fois par son célèbre prédécesseur de l'ère Clinton, Robert Rubin, que tous ses successeurs ont endossé : « le dollar fort est dans l'intérêt des États-Unis ». Et dans la foulée, le dollar, qui n'en demandait pas tant, s'est renforcé.Depuis le début de l'année, un scénario du type de celui qui s'était déroulé d'août à novembre dernier est en train de se mettre en place. Après une phase de stabilisation, les monnaies du G7 se scindent à nouveau en deux clans distincts. D'un côté, se côtoient le dollar et le yen, qui vécurent au début de 2008 le semestre le plus sombre de l'histoire monétaire récente, en chutant à des planchers historiques. Bien qu'assortis de taux proches de zéro, ces deux monnaies font désormais figure de valeurs refuges. La première parce qu'elle reste la monnaie internationale largement prééminente et que le monde financier fonde d'énormes espoirs sur l'administration Obama pour faire sortir les États-Unis du marasme plus vite que leurs partenaires. La seconde est encore plus demandée parce qu'elle est la monnaie d'un pays qui, contre vents et marées, continue d'engranger d'importants excédents commerciaux et qui, c'en est le corollaire, reste un gros pourvoyeur de capitaux à l'échelle internationale.cinq records pulvérisésÀ l'autre bout de l'échelle, deux autres devises du G7, la livre sterling et l'euro, font figure d'épouvantails. La monnaie d'Albion est tombée vendredi à un nouveau plancher de 24 ans face au dollar, à 1,3503, après l'annonce d'une baisse de 1,6 % du PIB britannique au quatrième trimestre, confirmant l'entrée du Royaume-Uni en récession. La Grande-Bretagne est également confrontée à une crise bancaire sans précédent qui fait vaciller la City. En une semaine, la livre a perdu près de 10 % de sa valeur face au billet vert et s'est également affaissée face au yen, pulvérisant cinq records de faiblesse consécutifs, tout en recommençant à s'affaiblir vis-à-vis de l'euro après avoir frôlé la parité fin décembre.L'euro, tombé vendredi à 1,2765 dollar, partage ce sort peu enviable. Il est victime des scénarios d'éclatement de la zone euro. Les dégradations des notes souveraines de la Grèce, de l'Espagne et du Portugal par l'agence Standard & Poor's ont porté les écarts de rendements à 10 ans entre les pays les plus et les moins vertueux de la zone à des niveaux jamais vus dans l'histoire de l'euro. Désormais, les craintes de dégradation par les gendarmes du crédit de la note d'un grand pays ? l'Italie est en première ligne ? sont omniprésentes. Isabelle Croizard

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