« ? CNP va de l'avant en dépit de la crise ? »

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Edmond Alphandéry, Président de CNP AssurancesCNP Assurances affirme ses ambitions à l'international. Le bancassureur, dont les grands actionnaires sont la Caisse des dépôts, La Banque Postale et le nouveau groupe BPCE, a annoncé hier après la clôture de la Bourse un partenariat exclusif de vingt-cinq ans avec Barclays pour distribuer ses produits d'assurance-vie et retraite dans les 1.000 points de vente de la banque britannique en Espagne, au Portugal et en Italie. CNP va prendre le contrôle opérationnel de la filiale ibérique de Barclays, BVP, dans laquelle il a pris une participation de 50 % pour un montant initial de 140 millions d'euros. Cette société disposera en outre de filiales au Portugal et en Italie. Financée sur ressources propres, l'opération n'aura pas d'impact significatif sur la solvabilité de CNP. Quels sont vos objectifs avec ce nouveau partenariat de distribution ?CNP s'était fixé comme objectif prioritaire l'essor de ses activités dans l'Europe du Sud. Grâce à ce partenariat avec Barclays, nous avons désormais deux filiales à fort potentiel de développement pour la distribution de nos produits : l'une avec Unicredit en Italie et l'autre avec Barclays dans la péninsule ibérique. Ce sont deux banques dynamiques, qui ont une excellente réputation. Barclays a un réseau d'une efficacité remarquable. Son alliance avec CNP, qui est le spécialiste de la banque-assurance au niveau de la fabrication et de la gestion des produits d'assurance-vie, fournit à la nouvelle filiale l'occasion de prendre une part significative des marchés qui lui sont désormais ouverts.Comment cette opération s'inscrit-elle dans la stratégie de développement de CNP Assurances ?Cette opération donne une grande visibilité à notre développement international. Vous constatez que CNP va de l'avant en dépit de la crise. Nous la traversons dans des conditions qui nous permettent de saisir les bonnes opportunités. Prudence et dynamisme sont les deux maîtres mots qui inspirent notre stratégie.Le conseil d'administration de CNP Assurances a entériné mardi le départ d'Alexandre Lamfalussy. Qui va le remplacer ?Après dix ans à la présidence de notre comité d'audit, Alexandre Lamfalussy a en effet souhaité quitter le conseil. Pour le remplacer, j'ai obtenu l'accord de Tommaso Padoa-Schioppa, l'ancien ministre des Finances de Romano Prodi. C'est un grand honneur. Il est extrêmement respecté, dans les milieux financiers internationaux comme dans le monde académique, et il présente l'avantage d'être italien, ce qui ne pourra que renforcer nos liens avec Unicredit, auquel nous sommes associés dans CNP Vita. Son arrivée donnera donc une aura supplémentaire à notre conseil, qui compte déjà des membres de grande valeur.CNP a envisagé fin 2008 de racheter Natixis Assurance, avant d'y renoncer. Avez-vous fait une croix dessus ?À l'automne dernier, nous avions examiné le dossier, mais nous étions trop loin d'un accord. Il n'a donc jamais été présenté au conseil d'administration. Aujourd'hui, le dossier n'est plus sur la table.En tant qu'ancien ministre de l'économie, quel regard portez-vous sur la réforme en cours de la régulation financière en Europe ?Le problème central tient à la fragmentation des systèmes de régulation, qui complique la supervision des acteurs transnationaux. Pour y répondre, on a créé un Conseil européen du risque systémique, afin d'assurer la surveillance du système et donner l'alerte le cas échéant. Mais aussi trois agences de régulation communautaire pour la banque, l'assurance et les marchés financiers, dotées d'une réelle autorité sur les régulateurs nationaux, même si leurs décisions ne peuvent avoir de conséquences budgétaires pour les États membres sans leur accord. C'est un plus incontestable, que l'on doit à Jacques de Larosière et à l'engagement de la France.L'organisation de « stress tests » européens pourrait-elle jouer un rôle dans ce retour de la confiance ?Les États-Unis ont eu raison de procéder à ces tests, qu'ils ont aussi très bien vendus à l'opinion. Cette initiative a permis aux banques de revenir se financer sur le marché. Les États-Unis ont ainsi pris une longueur d'avance. Comme l'a dit Christine Lagarde, l'Europe devrait procéder à des « stress tests » harmonisés, dont une partie au moins des résultats devraient être rendus publics. Cela permettrait de montrer qu'une bonne partie du secteur bancaire européen n'a pas de problème de solvabilité. Je comprends qu'il y ait des résistances, mais seule la transparence est de nature à restaurer la confiance. À condition bien sûr d'avoir une réponse adéquate aux faiblesses qui pourraient être identifiées. À mon sens, cette réponse serait plus forte si elle avait une dimension communautaire. Force est de constater que jusqu'à maintenant, les réponses ont plutôt été nationales, la Commission se contentant d'intervenir a posteriori pour limiter les distorsions de concurrence. Propos recueillis par Guénaëlle Le Solleu, Pierre-Angel Gay et Benjamin JullienL'Europe devrait faire des « stress tests » harmonisés, et les résultats devraient être publics, au moins en partie. »

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