L'aversion au risque, juge de paix du marché des changes

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Ce ne sont plus les statistiques économiques, inéluctablement sombres, qui guident les acteurs du marché des changes, mais le degré plus ou moins élevé d'aversion au risque qui fluctue au rythme des annonces de plans de sauvetage, reprises d'actifs, ou relance des gouvernements et des banques centrales. Les investisseurs s'agrippent à la moindre bouée de sauvetage et, dès qu'ils reprennent espoir, aussi fragile soit-il, dans l'avenir du système financier mondial, le dollar en fait les frais. Pour mieux rebondir dès que la défiance revient, restituant au billet vert son rôle de valeur refuge par excellence. Les rebondissements de ces deux derniers jours sont une parfaite illustration de l'état d'esprit des marchés. euphorie momentanéeLundi, après l'annonce pendant le week-end de l'opération de remise à flot de Citigroup et la nomination de Tim Geithner, l'actuel président de la Réserve fédérale de New York, au poste de secrétaire au Trésor de la future équipe Obama, une euphorie momentanée a pesé sur la tenue du dollar, avant que la planète financière ne recommence à broyer du noir. Hier, le dollar a commencé par rebondir face à l'euro en dépit d'une prévision de l'OCDE estimant que les États-Unis allaient connaître la récession la plus forte de toute la zone couverte par l'Organisation. Puis par s'affaiblir après l'annonce par la Fed de mesures de soutien du crédit à la consommation et du marché immobilier qui vont mobiliser quelque 800 milliards de dollars et à partir de janvier d'un projet de reprise de dette des organismes de refinancements hypothécaires Fannie Mae et Freddie Mac et de leurs actifs adossés à des créances hypothécaires de 600 milliards de dollars.Conclusion : le risque économique est parfaitement bien intégré, le risque financier l'est beaucoup moins. Avec pour conséquence un effet de balancier entre les marchés boursiers et le dollar, comme celui que l'on avait connu jusqu'à la fin de l'été entre le pétrole et le billet vert. La tendance de fond reste cependant favorable à la monnaie américaine, qui reste pour l'instant coincée dans une étroite fourchette bordée par le bas par le seuil de 1,31 pour 1 euro dont elle s'est rapprochée hier. Pour de nombreux économistes, l'euro, c'est « Catch 22 » : il est perdant à tous coups. Que la Banque centrale européenne baisse ses taux fortement pour endiguer la récession européenne et les acteurs du marché des changes constatent que son avantage de rendements face au dollar se réduit comme peau de chagrin. Qu'elle ne les réduise pas assez tôt, pas assez fort et il lui sera reproché de ne pas en faire assez pour assurer le retour à la croissance. La quadrature du cercle !

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