Crise politique en Islande

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À Danderyd, au nord de Stockholm, des familles islandaises se retrouvent une fois par mois dans les locaux de la paroisse locale. L'occasion de retrouvailles entre compatriotes. Mais, compte tenu de la situation actuelle du pays, c'est un sentiment de colère qui dominait les esprits samedi dernier.Car, à la crise financière qui a terrassé l'économie de l'île scandinave s'est ajoutée une crise politique. Depuis une semaine, l'Islande est secouée par des manifestations quotidiennes, les plus dures depuis l'adhésion du pays à l'Otan en 1949. Elles ont amené le Premier ministre conservateur Geir Haarde à annoncer hier la démission de son gouvernement.Cette décision, Ingunn, une infirmière de 40 ans qui habite en Suède depuis septembre 2007, l'attendait. Elle et son mari, un médecin, ont quitté l'Islande afin de peaufiner leur formation. Ils devaient retrouver leur île l'année prochaine. Crise économique oblige, le retour au pays est aujourd'hui différé. « Nous avons perdu beaucoup d'argent en Islande et nous sommes en colère », assène-t-elle, évaluant à 5 millions de couronnes islandaises (31.000 euros), son épargne partie en fumée.Dénoncés comme les principaux responsables de cette déconfiture, les banques et leurs directeurs cristallisent l'irritation d'Ingunn. « Ils ont joué avec notre argent. Mon pays, les banques de mon pays, toutes les choses auxquelles je croyais se sont effondrées », témoigne-t-elle. Berglind, âgée de 31 ans et étudiante en sociologie à l'université de Stockholm, a elle aussi retardé son retour. « À cause de la crise, mon mari et moi devons attendre. Ce n'est pas le bon moment pour rentrer. Il a un travail et je pourrai plus facilement en trouver ici qu'en Islande », explique-t-elle. Selon elle, la crise a mis au jour les fragilités de l'économie islandaise. Depuis leur privatisation en 2003, les banques islandaises se sont, sous la houlette d'hommes d'affaires surnommés les « buykings », développées loin de leurs terres et ont amassé une fortune qui, avant que la crise n'éclate, s'élevait à neuf fois le PIB islandais. soupçons de collusionMais lorsque les vents de la tourmente financière ont finalement atteint Reyjkavik, en septembre, les banques locales se sont révélées être des colosses aux pieds d'argile. Les 320.000 islandais attendent désormais l'échéance du 9 mai, date des élections législatives anticipées. Une occasion de renouveler une classe politique longtemps soupçonnée de collusion avec les milieux d'affaires. À Stockholm, Sébastien Buffet

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