Le retour de la spéculation ?
La Tribune
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J'ai toujours suivi de près un indicateur sur le marché des changes?: le yen et en particulier l'euro/yen. Rappelez-vous. À l'époque de l'hystérie spéculative, sur les actions puis sur les matières premières, les fonds utilisaient, pour créer du levier et amplifier leur potentiel de spéculation par rapport à leur mise, le fameux « carry trade ». Il consiste à emprunter du yen à un taux d'intérêt proche de 0?% et à le placer dans des actifs libellés en monnaies à plus fort taux d'intérêt comme l'euro, le dollar ou encore le dollar australien. Avec l'explosion en vol des hedge funds, le carry trade a disparu. Mais depuis quelques semaines, on assiste à nouveau à la chute du yen. Depuis début janvier, le yen a chuté de 10?% environ contre l'euro et le dollar. Il est vrai que cette baisse est en partie due à des raisons économiques. La crise japonaise est profonde. Le PIB a chuté de 12,7 % en base annuelle au quatrième trimestre 2008 et le champion des exportations a connu en janvier son pire déficit commercial, dû à une chute de 46 % des exportations. 46 %?! Les investisseurs ont peur que le Japon, affaibli par un premier ministre hautement impopulaire, réitère les erreurs du passé et tarde à réagir à la crise comme dans les années 1990. Et beaucoup parient sur une sortie de crise plus rapide aux États-Unis qu'en Europe, d'où la baisse de l'euro, et surtout plus rapide qu'au Japon. Mais au-delà des fondamentaux économiques, on perçoit depuis quelques semaines les vibrations d'un retour de la spéculation. Certains fonds ont pansé leurs plaies et commencent à reprendre du service? Certaines banques, qui ont pu échapper à la nationalisation ou au contrôle des gouvernements, reprennent, discrètement, sans se faire remarquer, leurs activités de marché. La spéculation est de retour. C'est une certitude. Une spéculation certes plus modeste, heureusement, que par le passé. La baisse du yen pourrait donc être un signe avant-coureur d'un rebond des matières premières et notamment du pétrole et pourquoi pas le signe d'un rebond des indices boursiers. À suivre de très près? n
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