France Télévisions, l'après-réforme saison 1

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L'an dernier à la même époque, le groupe de télévision publique n'avait qu'une certitude : la publicité aurait disparu de ses antennes le 5 janvier 2009 après 20 heures. Pour le reste, rien n'était assuré. Ni la pérennité de l'équipe dirigeante, dont les relations avec l'Élysée avaient dégénéré juste avant l'été, ni le projet de loi qui devait entériner la fin de la pub et fondre les chaînes publiques en une entreprise unique, ni le cahier des charges, ni le plan d'affaires jusqu'en 2012? Tout restait soumis à d'ultimes arbitrages de l'Élysée, tandis que les lobbies de tous bords fourbissaient leurs armes avant le débat parlementaire. Chaînes privées, opérateurs télécoms appelés à être taxés pour compenser la perte de publicité sur France Télévisions, producteurs inquiets pour les commandes à venir? En comparaison, la rentrée 2009 semble presque sereine. Mais, si la feuille de route est écrite, les douze mois qui séparent Patrick de Carolis, PDG du groupe public, de la fin de son mandat (août 2010) s'annoncent compliqués. Pour boucler 2009, le groupe attend le versement de 450 millions d'euros voté au budget 2009 de l'État, et suspendu au feu vert de Bruxelles. Or la Commission devrait ouvrir dans les jours qui viennent une enquête approfondie au chapitre des « aides d'État ». La pugnacité de TF1, M6 et des opérateurs télécoms à dénoncer la taxe créée par la loi sur l'audiovisuel public incite Bruxelles à l'examen soigneux du dossier.réduire le déficitPour le groupe public, dont la trésorerie est tombée dans le rouge cet été, la situation deviendrait critique si l'examen dure au-delà de décembre. L'État pourrait verser une avance, mais, si Bruxelles n'a pas tranché, le problème sera reposé pour le budget de 2010. Autre incertitude : à la différence de TF1 et M6, les chaînes du groupe attirent la publicité en journée. Elle devrait donc rapporter cette année 330 millions d'euros de recettes (contre près de 800 avant la réforme), au lieu de 260 budgétés. Pour Patrick de Carolis, le surplus doit servir à réduire le déficit, que le groupe accumule depuis la suppression de la publicité le soir. À moins que l'État ne choisisse de réduire d'autant la dotation de 450 millions ? Bref, France Télévisions avait fini avant l'été de négocier jusqu'en 2012 le montant annuel de sa dotation publique (2,5 milliards, y compris la redevance). Aujourd'hui, rien ne semble acté. Quant au chantier interne, qui reste à ouvrir, pour dégager économies et synergies, il est immense. Il s'agit de faire passer 11.500 salariés d'un holding et de six chaînes avec leurs services à un groupe unique organisé autour de sept grandes directions diffusant des programmes sur différentes antennes et canaux. De la fin de la consultation des instances représentatives du personnel, prévue en décembre, au déploiement, à partir du 4 janvier, service par service, le processus sera à peine achevé à l'été de 2010. Les conventions collectives doivent être renégociées avant juin 2010 et un plan de départs en retraite volontaire doit s'engager. I. R.les douze mois qui séparent Patrick de Carolis, PDG du groupe public, de la fin de son mandat s'annoncent compliqués.

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