L'ultime réorganisation d'Alcatel-Lucent
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Les points forts?:? Numéro un mondial dans l'accès à l'Internet fixe? Bien positionné sur la téléphonie mobile 4G Les points faibles?:? Une situation financière fragile? Une grande part d'activité sur des technologies déclinantesAlcatel-Lucent n'en est pas à sa première réorganisation. Depuis 2001, soit cinq ans avant la fusion avec Lucent, l'équipementier français en télécommunications a décaissé 7,2 milliards d'euros de charges de restructurations pour seulement 1 milliard d'euros de résultat opérationnel.Cette restructuration permanente, exacerbée par les perturbations liées à la fusion, a fortement dégradé la santé financière d'Alcatel-Lucent. Depuis plusieurs trimestres, le groupe ne génère pas suffisamment de trésorerie pour couvrir tous ses besoins, investissements ou remboursement de ses intérêts. L'équipementier pourrait encore brûler près de 1 milliard de cash l'an prochain. Conséquence, et même avec le 1,6 milliard d'euros récupéré de la vente des 20,8 % détenus dans Thales, la marge de man?uvre financière du groupe est aujourd'hui extrêmement limitée.Du coup, le plan annoncé le 12 décembre par Ben Ver-waayen, le nouveau directeur général du groupe, s'annonce capital. D'autant que l'an prochain, Alcatel-Lucent et ses concurrents vont affronter les pires conditions de marché que le secteur des équipements pour les opérateurs de télécommunications a connues depuis 2002. Selon le groupe franco-américain, le chiffre d'affaires devrait chuter de 8 % à 12 % en 2009. Ce qui ne permettra pas de dégager de bénéfice opérationnel en 2009. « Le remboursement de la dette en 2010 s'annonce difficile si les perspectives d'activité se dégradent d'autant que les risques d'exécution sont élevés alors que la troisième équipe de direction en deux ans est en train de se mettre en place », redoutent les analystes de Goldman Sachs.portefeuille de produitsCompte tenu de ces conditions de marché peu optimales, Ben Verwaayen va donc devoir « rebâtir » l'entreprise rapidement. Le chantier est immense. Toute l'organisation de l'entreprise, de la direction à la R&D, en passant par le portefeuille de produits, va être remise à plat pour réagir plus rapidement aux attentes des opérateurs. En se concentrant sur certaines activités comme la téléphonie mobile de troisième (WCDMA-UMTS) et quatrième (LTE) générations, Alcatel-Lucent compte par exemple se positionner sur les segments les plus porteurs. Quitte à abandonner, via des partenariats, certains métiers dans lequel l'équipementier ne détient pas de positions suffisamment fortes, tels le Wimax. Les services aux opérateurs, le seul métier du groupe qui devrait croître l'an prochain, seront également privilégiés.Ensuite, de nouvelles mesures d'économies (suppression de 1.000 postes de managers, réduction du nombre de fournisseurs?) doivent permettre d'abaisser les charges annuelles de 750 millions d'euros. Mais, compte tenu de l'historique de la société, les analystes se montrent circonspects. « Nous doutons des capacités du groupe à transformer ces réductions de coûts en amélioration de marge alors que lors de son dernier plan de restructurations, 40 % des 2,1 milliards d'euros de synergies annoncées devaient aller dans la marge brute. Or cette dernière n'a pas boug頻, indiquent les analystes de Natixis. L'agence de notation S&P se montre également méfiante. Elle a indiqué qu'elle envisage d'abaisser d'un cran la note de la dette d'Alcatel-Lucent en début d'année prochaine. Le groupe s'enfoncerait alors un peu plus dans la catégorie spéculative. nlE GROUPE ET SES CONCURRENTS VONT AFFRONTER les pires conditions que le secteur a connues depuis 2002.
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