751 millions qui n'auraient pas dû être perdus
La Tribune
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1er, 2, 3 octobre. Un trader chargé des stratégies diversifiées aux Caisses d'épargne réalise des opérations risquées. Il mise sur la volatilité des indices. Et effectue notamment, souligne le rapport d'inspection de la banque, « une vente pour un nominal anormalement élev頻. Son supérieur direct n'intervient pas. En comité des risques de marché de l'Écureuil, les « stress tests » présentés sur l'impact d'un krach boursier présentent « une forte dégradation par rapport aux éléments présentés précédemment ». Or, s'étonne le rapport d'inspection, il n'y a « pas de réaction ».6 octobre. La descente aux enfers commence. Le trader enregistre le soir même une perte de 15 millions d'euros. Trois jours se passent avant que le responsable de la gestion financière soit prévenu.absence de préparation10 octobre. Informé à son tour d'« une situation dramatique », le directeur financier minimise l'événement auprès de son supérieur, Julien Carmona, membre du directoire. « La semaine a été dure, mais c'est sous contrôle », indique-t-il simplement.13 octobre. C'est la panique sur les marchés. Selon le rapport d'inspection, l'absence de préparation d'une stratégie de défense coûtera à elle seule un surcroît de pertes « d'au moins 150 millions d'euros ». À 11 heures, la direction des risques découvre que la valeur engagée est de 6,5 millions, bien au-delà des 2,5 millions d'euros prévus par les procédures. Les pertes, qui sont passées à 120 millions, ne sont pas évoquées?! Le trader présente sa démission à 11?h?55. Ses deux supérieurs prennent immédiatement le relais sur sa position. Il leur faudra vingt minutes pour comprendre, devant l'effondrement des marchés, que la situation est catastrophique. Julien Carmona est prévenu de la perte à 12?h?15. Il informe le directeur général, Nicolas Mérindol.14 octobre. L'inspection se met au travail et la Commission bancaire est prévenue le matin. La journée se passe à élaborer une stratégie pour sortir de la spirale sans donner l'alerte sur les marchés. Le soir, le responsable des activités pour compte propre annonce à Julien Carmona que les pertes s'élèvent à 300 millions d'euros.15 octobre. Julien Carmona décide de déboucler la position.16 octobre. Alors que le débouclage se poursuit, la Commission bancaire prévient le gouverneur de la Banque de France, Bercy, l'Autorité des marchés financiers, et l'Élysée.17 octobre. Après la révélation des pertes par « La Tribune », l'Écureuil confirme avoir été victime d'« un incident de march頻. Il faudra attendre 20?h?30 pour que la position soit débouclée. Avec une perte finale de 751 millions d'euros. Guénaëlle Le Solleu et Bruno Segré
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