La première gare solaire en chantier
La Tribune
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La première gare solaire de France, située à Achères (Yvelines) en région parisienne, « entrera en chantier début novembre », assure Claudia Nordmann, architecte au bureau d'études Arep (filiale de la SNCF) en charge du projet. Le démarrage accuse quelques retards, « dus à la nécessité d'assurer la continuité des services comme l'information voyageurs et la vente des billets, pendant la durée des travaux », explique un porte-parole de la SNCF. Ces derniers devraient durer huit mois, ce qui porte l'inauguration de ce bâtiment « vert » d'un nouveau genre à l'aube de l'été 2009.La gare d'Achères, dont la structure date de la fin des années 70, subira un relooking à la mode écodurable pour une facture finale de 3,2 millions d'euros. Un coût 20 % à 30 % supérieur à celui d'une rénovation classique, qui sera assumé à hauteur de 57 % par la région Île-de-France, de 40 % par la SNCF et 3 % par RFF (Réseau Ferré de France, gestionnaire des rails français). « Le développement durable coûte de l'argent », réagit le vice-président délégué aux transports de la région Île-de-France, Serge Méry, qui précise que « construire une nouvelle gare aussi performante serait revenu plus cher que d'équiper un site comme celui d'Achères, à rénover totalement ». Ce site était « idéal », selon l'élu. Desservi par le RER A et le Transilien, il est aussi placé sur le tracé de la future tangentielle ferroviaire qui doit voir le jour, à l'ouest de l'Ile-de-France, à l'horizon 2015. La gare solaire, véritable prototype, sera ainsi dotée de 175 m2 de membrane photovoltaïque, transformant l'énergie solaire en énergie électrique. « L'électricité produite correspond à 25 % de notre consommation mais sera vendue à EDF, ce qui est plus économique que de l'utiliser directement », explique Miora Rakotoniaina, ingénieur à l'Arep. Des panneaux solaires seront également utilisés pour chauffer l'eau sanitaire, tandis qu'un toit végétalisé fera office d'isolant et de filtre naturel d'eau de pluie. Au total, par rapport à une structure classique, la gare « consommera 59 % d'eau de ville de moins et permettra une économie d'énergie de 64 % et d'émission de gaz à effet de serre de 76 % », rapporte Claudia Nordmann. « Nous avons souhaité bâtir un véritable projet pilote, rapporte Claude Méry. Mais le modèle d'Achères n'a pas vocation à s'étendre partout. » En Île-de-France, comme sur le reste du territoire, les gares seront équipées, « au fur et à mesure de leur rénovation », de certains outils installés à Achères. comme à berlinLa SNCF envisage en outre d'équiper en panneaux solaires quelques centaines de haltes ferroviaires (plus petites qu'une gare), comme à Niederbronn-les-Bains, inaugurée en Alsace l'été dernier. À l'international, « les gares de Berlin (Allemagne) et Kyoto (Japon) sont équipées de ce type de technologies », note Miora Rakotoniaina. La gare d'Achères restera pour l'heure « le témoin de ce qui peut se faire de mieux », juge Serge Méry. Et, comme souvent pour ce type de grand projet environnemental, une bonne opération de communication.
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