Italcementi et Ciments Français renoncent à leur fusion

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BTPLe cinquième cimentier mondial ne verra pas le jour. Dans un communiqué publié samedi, l'italien Italcementi et sa filiale à 82 % Ciments Françaisdil;ais ont annoncé l'abandon de leur projet de fusion, faute d'avoir trouvé un terrain d'entente avec une trentaine d'investisseurs institutionnels américains.Ces derniers, qui avaient acquis deux catégories d'obligations Ciments Françaisdil;ais en 2002 et 2006, pour un montant total de 500 millions de dollars, reprochaient à Italcementi et à Ciments Françaisdil;ais de ne pas les avoir consultés sur leur projet de fusion, formulé le 16 février dernier. « L'inquiétude des porteurs d'obligations se conçoit car, en vertu de la loi sur la transmission du patrimoine, les investisseurs institutionnels vont se voir remettre à la place de leurs obligations Ciments Françaisdil;ais des obligations Italcementi, société qui présente un profil de risque un peu moins bon que celui de Ciments Françaisdil;ais », reconnaissait le bureau d'analyse CM-CIC, dans une note publiée le 22 juin.Par conséquent, les institutionnels américains réclamaient, à titre de dédommagement, un remboursement anticipé de leurs obligations Ciments Françaisdil;ais, ainsi qu'une indemnité. Des requêtes auxquelles le cimentier français et sa maison mère italienne ont refusé d'acquiescer, car cela les aurait obligés à débourser plus de 500 millions de dollars de cash, compte tenu de la longueur de la maturité des deux catégories d'obligations, qui n'arrivaient à échéance qu'en 2012 et en 2018. « Satisfaire ces demandes aurait été totalement contraire à la finalité de la fusion, laquelle avait pour but de préserver nos ressources afin de faire face à la crise », explique Carlo Pesenti, administrateur délégué d'Italcementi. Qui dénonce « la logique financière et à court terme des investisseurs américains ».projet mauditLe projet de fusion entre Italcementi et Ciments Françaisdil;ais aura décidément été maudit. Avant la fronde des institutionnels américains, les deux groupes avaient eu maille à partir avec l'Adam (Association de défense des actionnaires minoritaires) et la société de conseil aux investisseurs Deminor, qui jugeaient la parité de fusion ? à savoir 8,25 actions Italcementi pour toute action Ciments Françaisdil;ais détenue ? insuffisante. L'Adam et Deminor avaient obtenu gain de cause début mai, Ciments Françaisdil;ais ayant proposé un dividende exceptionnel de 4 euros par action, ce qui rehaussait mécaniquement la parité de fusion à 9 titres Italcementi pour une action Ciments Françaisdil;ais. La fusion semblait enfin en bonne voie.Cette dernière « avait pour objectif de mettre en place une organisation plus efficace », rappelle Carlo Pesenti. Et d'ajouter : « C'est cet objectif que nous continuerons à poursuivre dès aujourd'hui, au travers de programmes alternatifs (à la fusion). »Christine Lejoux

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