La pression monte sur les retraites

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François Fillon a trouvé encore une occasion de jouer sa petite musique de la rigueur. Un signe d'autant plus nécessaire que le gouvernement s'apprête à ouvrir massivement les vannes du déficit budgétaire (voir ci-contre). Lors d'une réunion avec les cadres de l'UMP samedi à Paris, le Premier ministre a affirmé que le report de l'âge légal de cessation d'activité, aujourd'hui fixé à 60 ans, était la seule issue possible. « Il n'y a pas d'autre solution pour sauver nos régimes de retraite que de travailler plus longtemps, alors même que la vie s'allonge. Si ça n'est pas le cas, alors il faudra débattre ensemble de la question de l'âge légal de la retraite », a déclaré le Premier ministre.Déjà, François Fillon avait tâté le terrain le 15 juin dernier en annonçant que la question de l'âge de la retraite n'était pas « taboue ». Devant les parlementaires à Versailles, le chef de l'État avait clairement indiqué que le gouvernement prendrait ses responsabilités, y compris sur le relèvement de l'âge légal de départ à la retraite, à la mi-2010, après discussions avec les partenaires sociaux. Samedi, François Fillon a expliqué la démarche suivie : « Il s'agit d'évaluer les résultats des réformes successives qui ont été conduites depuis maintenant une quinzaine d'années? et de voir ensemble si l'allongement de la durée de cotisation est suffisant pour convaincre nos concitoyens de rester plus longtemps au travail. »discussions difficilesLa partie est loin d'être gagnée. Comme l'atteste un sondage Ifop pour « Dimanche Ouest-France », 75 % des sondés se déclarent inquiets sur le financement de leur retraite mais seulement 38 % sont partisans d'un allongement de la durée de cotisation et 36 % pour un recul de l'âge légal de la retraite. Selon la commission des comptes de la Sécurité sociale, le déficit atteindra, cette année, 20,1 milliards d'euros, soit le double de 2008. À elle seule, la branche vieillesse connaîtra un trou de 7,7 milliards d'euros en 2009. Le gouvernement n'écarte pas l'hypothèse d'un déficit global de la Sécurité sociale à 30 milliards d'euros en 2010. Les discussions entre François Fillon et les syndicats s'annoncent difficiles. Pour preuve, la CFTC a tout de suite réagi aux propos tenus samedi par le Premier ministre. Elle les qualifie de « déclaration aventureuse ». Le syndicat regrette surtout que les questions de l'emploi des seniors et de la pénibilité restent encore non résolues. Nicolas Sarkozy recevra, mercredi, les organisations syndicales et patronales. La question de l'âge de la retraite sera certainement évoquée. F. H. (avec AFP)

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