Les sociaux-démocrates allemands en déroute

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De l'autre côté du Rhin, les sociaux-démocrates traversent une crise profonde et structurelle, comme les socialistes français. Certes, le SPD participe au gouvernement fédéral depuis 1997, mais à quel prix ! Lorsque Gerhard Schröder est parvenu au pouvoir en 1997, le parti pesait 41 % de l'électorat et gouvernait onze des seize Länder du pays. Aujourd'hui, les ministres-présidents régionaux membres du SPD ne sont plus que cinq et les sondages prédisent une véritable déroute aux sociaux-démocrates lors des élections du 27 septembre : entre 22 et 23 % des voix. Du jamais-vu au niveau national depuis le début des années 1930.L'électorat social-démocrate fond donc comme neige au soleil. Les réformes Schröder et la grande coalition avec la CDU ont fait fuir vers Die Linke, à sa gauche, une partie de sa base ouvrière des grands centres industriels de l'Ouest. Mais il ne parvient plus à séduire non plus parmi les classes moyennes jeunes, qui lui préfèrent souvent les Verts ou même la CDU version Angela Merkel, beaucoup moins conservatrice que le parti de Helmut Kohl.Face à ce double mouvement qui le comprime, le SPD n'a pas su réagir. Son programme peine à convaincre à force de vouloir satisfaire tout le monde. Son candidat, l'actuel ministre des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, consensuel et prudent, est bien trop peu charismatique face à l'immense popularité d'Angela Merkel. Quant à son président, Franz Müntefering, il est bien trop faible pour imposer une ligne stricte au parti, notamment en termes d'alliances, et solder ainsi les querelles internes. L'an passé, le refus de quatre députés hessois de soutenir un gouvernement régional SPD appuyé par Die Linke avait ainsi causé une série de mélodrames qui s'était soldée par un désastre électoral pour le parti local et par une perte de crédibilité pour le SPD fédéral.réagir est urgentLe SPD est-il alors mort, comme l'avançait début août la « Berliner Zeitung » en paraphrasant BHL à propos du PS ? Pas encore, mais une réaction est urgente. Le maire SPD de Darmstadt, Wolfgang Hoffmann, ancien député au Bundestag, résume ce que sera la tâche de son parti après les élections : « redéfinir notre rôle dans la société, revenir à une plus grande proximité avec la population et rajeunir nos équipes dirigeantes ». Rude travail en perspective. Romaric Godin, à FrancfortLes réformes Schröder et la grande coalition avec la CDU ont fait fuir une partie de sa base ouvrière.

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