L'environnement, un eldorado qui fait débat
La Tribune
La Tribune
Vers un doublement du marché mondial des produits et services écologiques d'ici à 2020, soit 2.740 milliards de dollars. C'est ce que promet le rapport « Travail décent pour un développement durable » publié en octobre par le Programme des Nations unies pour l'environnement (Pnue) et le Bureau international du travail. L'efficacité énergétique, les transports durables, l'approvisionnement en eau, l'assainissement et la gestion des déchets seraient les principales activités bénéficiaires. Autre chiffre choc annoncé dans ce rapport : 20 millions d'emplois supplémentaires seraient créés dans les énergies renouvelables d'ici à 2030.Les projections concluant à l'existence d'une croissance verte synonyme d'emplois et de revenus supplémentaires prennent un relief particulier dans la période actuelle. Le 22 octobre dernier, le Pnue lançait une initiative d'économie verte, un « green New Deal » à l'échelle mondiale incitant à la mise en place de politiques, instruments et signaux de marché capables d'accélérer la transition vers une économie verte.En France, l'étude publiée l'été dernier par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) estime à 33 milliards d'euros et 220.000 emplois le marché de la maîtrise de l'énergie et des énergies renouvelables en 2007. S'appuyant sur les objectifs du Grenelle de l'environnement, l'agence table sur un doublement des emplois et du marché d'ici à 2012, concentrés dans l'amélioration énergétique du résidentiel et les énergies renouvelables. Un rapport de l'ACFCI (Assemblée des chambres françaises de commerce et d'industrie) du 22 octobre confirme ces prévisions optimistes pour les PME, qui s'octroient en effet près de 60 % du marché français des éco-activités.atout consommationCet optimisme partagé par les multinationales et les PME françaises est-il fondé ? « La demande de biens et services durables présente un potentiel de développement significatif », confirme Jean-Pierre Clamadieu, président de la commission développement durable du Medef et PDG de Rhodia. « Ce développement est tiré par une demande explicite de nos clients, des industriels comme nous, mais qui le plus souvent vendent au consommateur final. » Pour le directeur de la Judge Business School de Cambridge, Arnoud de Meyer, « l'engouement des consommateurs est le meilleur pilier de la croissance verte car la demande qu'il génère permet aux entreprises d'atteindre une masse critique et de bénéficier d'économies d'échelle ». Cette supposée croissance verte ne consisterait-elle pas en un simple phénomène de substitution ? « Non, car les nouveaux produits et services sont plus sophistiqués et à plus forte valeur ajoutée que ceux qu'ils remplacent, et génèrent donc une réelle croissance économique », affirme Jean-Pierre Clamadieu. Toutefois, une ombre assombrit ces perspectives enthousiasmantes, notamment en France. Les progressions envisagées en matière d'emplois ne risquent-elles pas d'être freinées par un manque de compétences ? Les 88.000 emplois supplémentaires d'ici à 2012 prévus par l'Ademe pour l'amélioration énergétique du secteur résidentiel dépassent largement le rythme actuel des formations. « Nous avons fixé pour le Grenelle un calendrier raisonnable, tenant compte du temps nécessaire pour changer le rythme de formation, les programmes, les qualifications, etc. », fait remarquer la présidente de l'Ademe, Chantal Jouanno. « C'est facile de créer des diplômes, observe Arnoud de Meyer, mais ce qui manque, ce sont les enseignants. Le gouvernement a un rôle à jouer en investissant dans la recherche, qui n'est rien d'autre que la formation des enseignants. » De ce point de vue, il estime que la France est en retard. « La formation et la gestion des compétences représentent un défi que nous devons tous relever », admet Jean-Pierre Clamadieu. Mais cette faiblesse risque de handicaper le pays dans la course à la croissance verte. « Notre objectif, c'est d'être les premiers, affirme Chantal Jouanno. Avec des Français champions internationaux dans plusieurs secteurs d'activité, nous avons des atouts sérieux pour cela. » Mais pour Arnoud de Meyer, la puissance des leaders français ne suffit pas. « Le tissu de PME françaises montre moins de dynamisme qu'en Allemagne ou en Angleterre, par exemple. » Jean-Pierre Clamadieu lui-même reconnaît que, au-delà des leaders mondiaux, « la capacité à mobiliser l'ensemble du tissu industriel sera déterminante ».20 millions d'emplois supplémentaires seraient créés dans les énergies renouvelables d'ici à 2030.
La Tribune
« Le système international actuel est ploutocratique » : le scénario choc de Thomas Piketty pour une planète soutenable en 2100
🔴SpaceX, l'Australie contre les droits de douane de Trump, loi de programmation militaire... L'essentiel de l'actualité ce jeudi 4 juin
La crise énergétique menace jusqu'à 1,3 million d'emplois en Europe
Budget : la sombre prévision de la Commission européenne pour la France