Paris ne veut pas entendre parler de cette rupture. J'ai bea...

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Paris ne veut pas entendre parler de cette rupture. J'ai beau lui assurer que je reviens lundi matin, rien à faire. Panne du RER B. Paris ne veut plus me lâcher. Ne reste plus que le ruineux taxi pour rejoindre Roissy. Il faudra vraiment serrer le budget à Cracovie? Après un vol de 1 h 50 (149 euros, une promo de la LOT) et un sandwich roboratif qui permet d'esquiver le déjeuner, superbe rétablissement avec un enchaînement train-tramway qui m'amène aux portes de l'hôtel pour 10 zlotys (2,50 euros) à peine. Quartier branchéEn 2006, Monika Nowak a posé ses sacoches de DG de L'Oréalcute;al Pologne-Slovaquie-Slovénie pour monter l'hôtel Dom Casimi : « C'était l'époque de l'explosion du tourisme à Cracovie. Plus de 8 millions de vacanciers en 2007 ! Les prix ont augmenté l'an dernier, ce qui s'est traduit immédiatement par une chute des visites. Mais, avec le taux de change actuel, très favorable à l'euro [1 euro = 4 zlotys], les affaires reprennent. Les jeunes vont plutôt loger dans les ?hostels?, des petits hôtels simples et à bas prix [entre 30 et 40 euros pour une double]. Les couples, les familles, les gens un peu plus âgés descendent dans des B&B ou des hôtels plus confort comme le mien [plutôt entre 40 et 60 euros la double] ».Le quartier de Kazimierz, autrefois ville distincte de Cracovie, était jusqu'en 1941 le foyer d'une grande communauté juive. Aujourd'hui, cet entrelacs de ruelles étroites, de demeures veinées de lézardes et d'émouvants cimetières judaïques est le secteur le plus branché de la ville avec ses bistrots et ses terrasses. L'Alchemia sur la place Nowy est l'un des ces cafés fantasques où des étudiants forcément bohèmes sirotent une chopine et profitent du wi-fi gratuit pour consulter leurs e-mails, affalés sur des guéridons garnis de napperons tricotés main. Toutes les chaises sont proprement dépareillées. J'y retrouve Julien Hallier, un jeune Français de 28 ans débarqué en 2003 pour un séjour Erasmus dans cette ville universitaire (170.000 étudiants) et jamais reparti. Il tient maintenant une agence de tourisme, ce qui en fait un interlocuteur idéal pour décrire le marché : « Cela a commencé à frémir en 2000 quand Cracovie a été nommée capitale européenne de la culture. L'entrée du pays dans l'Union et l'ouverture du ciel polonais à la concurrence ont fait le reste. Avant cela, la plupart des gens faisaient le voyage en bus. Vingt-quatre heures de trajet ! » Quelques conseils pour un séjour bon marché ? « D'abord, prendre un hébergement en dehors de la vieille ville, dans les quartiers adjacents. Ensuite, Cracovie se visite entièrement à pied. Inutile de louer les services d'un guide, mieux vaut prendre l'option flânerie et découverte tranquille de la cité. »Autel à Jean-Paul IIDe fait, il est impossible de se perdre, la vieille ville est entièrement délimitée par les Planty, une étroite ceinture de verdure qui déroule ses pelouses et ses châtaigniers sur le tracé des anciens remparts. Rue Franciskanska, une foule bigarrée se recueille devant un immense parterre de bougeoirs et photophores. En face, à la fenêtre du palais épiscopal, Jean-Paul II appuyé sur sa canne nous donne sa bénédiction. Une photo grandeur nature judicieusement placée derrière la baie. On y regarde à deux fois tant l'effet est saisissant. L'archevêque Karol Wojtyla a habité ici de 1963 à 1978. Hasard du calendrier, c'est aujourd'hui l'anniversaire de la mort de ce pape que les Polonais ne pourront jamais oublier. Toutes ces émotions creusent l'estomac, et sur le chemin de Rynek Glowny, la place du grand marché, je me ravitaille en bretzels à 0,30 euro, tour de vis oblige. Simples mais nourrissants. Le Rynek, comme on l'appelle ici, était jadis la place la plus vaste de l'Europe médiévale. Devant les tours gothiques de l'église Notre-Dame, un groupe de break dance ? encore une histoire de rupture ? se lance dans une chorégraphie échevelée. Les chevaux des belles calèches à touristes n'en reviennent pas. En deux jours, il est possible de déambuler sous les plafonds à caissons du château de Wavel, de se faufiler entre les tombeaux des rois de Pologne embusqués sous la crypte de la cathédrale, de bouquiner dans la superbe cour intérieure du Collegium Maius, la plus vieille université du pays, ou encore de se joindre à la ferveur des fidèles agenouillés jusque sur le trottoir tant les messes font nef comble. Les chanceux qui disposent d'une journée de plus l'utiliseront pour visiter les mines de sel de Wieliczka ou se recueillir sur le site d'Auschwitz à 70 kilomètres de là. Après un break à moins de 250 euros, bretzels compris, Paris, bonne fille, me pardonne et me tend la main. Le RER B fonctionne à nouveau. C. M. Y aller : LOT, Polish Airlines, www.lot.com (vols pour Paris-Cracovie en moins de deux heures à partir de 149 euros).Y dormir : hôtel Dom Casimi. Tél. : + 48.012.426.11.93, www.casimi.plPour plus de renseignements : Office national polonais de tourisme, 9, rue de la Paix, 75002 Paris. www.pologne.travel/frPrague et Budapest ont ouvert le bal. Aujourd'hui, on s'échappe le temps d'un week-end jusqu'à la Baltique, à Riga ou Vilnius. Nous avons testé Cracovie, à l'économie bien sûr?Cracovie, une polonaise bien économe

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