La conjoncture en kaléidoscope

François Fillon est un homme politique atypique. Repeindre la réalité en rose, ce n'est pas son style. Vendredi matin, il savait déjà que les chiffres du chômage ne seraient pas bons. Et, de fait, le nombre des demandeurs d'emploi inscrits a augmenté de 58.500 en avril, soit près de 2.000 chômeurs de plus par jour (cet hiver, le rythme avait atteint 3.000 par jour). Au lieu de chercher à redonner le moral à l'opinion, le Premier ministre a expliqué sur Europe 1 que l'augmentation du chômage allait se poursuivre « tout au long de 2009 et sans doute encore un peu au début de l'année 2010 ». Par tempérament et pour des raisons de positionnement politique par rapport à Nicolas Sarkozy, François Fillon veut être celui qui dit les faits. Le paradoxe est que, durant la semaine écoulée, quantité d'indicateurs sont allés dans le sens inverse, celui d'une sortie de récession. Les marchés financiers ont tenu absolument à voir le verre à moitié plein. Les Bourses ont dans l'ensemble été orientées à la hausse. Les augmentations de capital, tout comme les émissions obligataires, ont été accueillies avec bienveillance, voire avec enthousiasme dans le cas de Pernod-Ricard (800 millions d'euros d'emprunt obligataire levés jeudi). Les taux d'intérêt à long terme sont repassés au-dessus de 4 % en France. Et le pétrole a retrouvé un niveau deux fois plus élevé qu'en février. Tous ces signaux pointent vers un redémarrage de l'activité, corroboré par les enquêtes sur le moral des chefs d'entreprise. Et pourtant, on vient d'apprendre que les prix avaient cessé d'augmenter en Europe, une situation extrêmement rare et qui peut laisser craindre que le continent ne s'enfonce dans la déflation. Face à tous ces mouvements contradictoires, on plaint les gouvernements qui doivent tâcher d'éclairer la lanterne de leurs concitoyens. C'est que l'activité et l'emploi n'évoluent pas au même rythme. Selon les statistiques américaines, à compter du début d'une récession, il faut deux ans pour que la croissance reparte. Mais il faut cinq ans avant que le chômage ne revienne à la normale. Nous assistons au début de cet effet de [email protected] Sophie Gherard

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