Le torchon brûle entre Moscou et Minsk

 |   |  403  mots
diplomatieHistoire de mieux se faire entendre à Moscou. Le couple russo-biélorusse connaît l'une des disputes les plus aiguës alors que Minsk fait des ?illades de plus en plus prononcées à l'Europe. Le très autoritaire président biélorusse Alexandre Loukachenko a visiblement hier mal supporté le ton employé à Minsk par le Premier ministre russe Vladimir Poutine. À l'issue de l'entretien entre les deux hommes, l'homme fort de la Biélorussie a déclaré : « Les temps ont changé aujourd'hui. Si nous ne pouvons pas travailler avec la Russie, nous ne devons pas nous agenouiller, prier et pleurer. Nous devons chercher le bonheur dans d'autres parties de la planète ! »Jusqu'ici, le « bonheur » venait des livraisons d'énergie russes à des tarifs plusieurs fois inférieurs au marché, dont Minsk raffine et réexporte une partie, empochant au passage de gros bénéfices. Moscou subventionne ainsi l'économie biélorusse à hauteur de 6 à 8 milliards de dollars par an (soit un tiers du PIB) afin de conserver le petit pays de 9,7 millions d'habitants dans sa zone d'influence.« parasite »Depuis la fin de l'URSS, non seulement l'économie biélorusse ne s'est pas diversifiée mais elle a poursuivi son imbrication avec celle de son voisin géant. La Russie reste son quasi unique marché d'exportation et lui fournit 85 % de l'énergie qu'elle consomme. Mais Moscou demande sans cesse davantage de docilité à son petit voisin que la crise globale met à genoux. Minsk voulait un crédit de 500 millions de dollars mais ? suprême injure ?, le ministre des Finances russe a déclaré jeudi soir que la Biélorussie « parasite » de l'économie russe et que sa solvabilité est douteuse. Malgré l'immédiat désaveu de Vladimir Poutine, « ces propos extrêmes sont inacceptables », c'en était trop pour le sanguin président biélorusse, qui vient d'être reçu à Rome par Benoît XVI puis par Silvio Berlusconi et croit désormais trouver des âmes plus charitables que les Russes. Déjà, Alexandre Loukachenko, pourtant considéré jusqu'il y a peu comme l'allié le plus fidèle de la Russie en ex-URSS, avait multiplié ces derniers temps des piques à Moscou : la semaine dernière, il avait vivement critiqué la Russie, regrettant que l'Union russo-biélorusse n'avance pas et estimant que l'attitude de Moscou forçait Minsk à se tourner vers l'Union européenne. Laquelle vient justement de l'inclure dans sa politique de bon voisinage?Emmanuel Grynszpan, à Moscou

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :