Fiat  :  l'héritier des Agnelli reste sous contrôle

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Avec un possible retour de Fiat dans le dossier de sauvetage du constructeur allemand Opel réapparaît aussi le débat sur les équilibres au sein de la famille Agnelli qui contrôle le groupe italien. En mai, les dirigeants du groupe Fiat, notamment son vice-président, John Elkann, petit-fils du défunt Giovanni Agnelli, se sont dits prêts à lâcher le contrôle de la division automobile du groupe pour la fusionner avec Opel en incluant la participation dans Chrysler récemment reçue par Fiat. Dans ce cas, le holding de la famille Agnelli Exor n'aurait été actionnaire de ce géant de l'automobile qu'à hauteur d'environ 10 %. Une révolution pour une famille associée à l'industrie automobile depuis plus de cent ans.Mais qui peut prendre une décision aussi déterminante au nom de la dynastie Agnelli, qui compte une dizaine de branches familiales ? Au vu des rapports de force dans l'actionnariat des sociétés familiales, John Elkann, 33 ans, est censé remplir le rôle que tenait jadis son grand-père, l'Avvocato Giovanni Agnelli. Par une donation de sa grand-mère, la veuve de l'Avvocato, John Elkann est actionnaire majoritaire dans la société familiale Dicembre, son frère Lapo et sa s?ur Ginevra n'y étant que minoritaires. Et par l'intermédiaire de cette société, le jeune Elkann règne sur l'empire familial (la Giovanni Agnelli & Cie, Exor et donc Fiat, la Juventus?). Contre toute attente pourtant, cet héritier est encore sous la tutelle des fidèles serviteurs de son grand-père, Franzo Grande Stevens et Gianluigi Gabetti, selon des informations d'« Il Sole 24 Ore ». Pour modifier les statuts ou revendre des parts de Dicembre, John Elkann, bien que majoritaire, doit avoir le blanc-seing des autres actionnaires. Mais aussi de deux des quatre garants nommés : Franzo Grande Stevens et sa fille Cristina, Gianluigi Gabetti et Cesare Ferrero. La position de John Elkann n'est pas seulement limitée par le statut de Dicembre qui contrôle en aval le groupe Fiat. Aujourd'hui, ces mêmes Grande Stevens, Gabetti et un autre proche de l'Avvocato disparu, Siegfried Maron, doivent transmettre au tribunal de Turin leur réponse à la procédure judiciaire lancée par la fille de Gianni Agnelli, Margherita Agnelli de Pahlen. Ce procès porte sur les biens déclarés dans l'héritage de l'Avvocato en 2003. Sa fille pense que ces trois proches de son père ont dissimulé une bonne part des biens de ce dernier, notamment ceux liés à des sociétés domiciliées dans des paradis fiscaux. Une cagnotte de 1,4 milliard d'euros aurait ainsi été constituée, au Luxembourg, à la suite d'une OPA de la famille Agnelli sur son holding Exor en 1998. révélationsD'après un document cité par l'hebdomadaire « Il Mondo », en 2003, Siegfried Maron aurait « révélé certains des biens offshore à Margherita Agnelli ». Une fondation Alkyone fondée en 2001 au Liechtenstein et administrée par les trois proches de l'Avvocato aurait regroupé de tels biens de Gianni Agnelli. Les sites pour amarrer les yachts de l'Avvocato à Beaulieu ou Antibes étaient aussi propriété de sociétés domiciliées aux îles de Man ou de Jersey. Autant de révélations susceptibles d'obliger à un nouveau partage de l'héritage de l'Avvocato et, in fine, à rebattre les cartes dans les sociétés familiales des Agnelli.

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