Les banques dans la course aux « stress tests »

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europe Une course de vitesse s'ouvre pour l'industrie bancaire européenne aujourd'hui. C'est en effet sur la base des chiffres du premier semestre que va être élaborée une partie des « stress tests » réalisés au niveau du continent. L'ensemble des résultats, attendus pour la première fois à l'échelle communautaire à la demande du CEBS (Committee of European Banking Supervisors), doivent être prêts pour début septembre de manière à ce que le comité des superviseurs européens soit en mesure de savoir, lors de la réunion de l'Ecofin à la rentrée, si les banques sont ou non suffisamment capitalisées. Face à cette échéance la Commission bancaire a, selon nos informations, demandé il y a quelques jours aux établissements français d'accélérer la remontée de ces tests.à la traîne des états-unisC'est quatre jours après la publication des résultats, le 8 mai, des « stress tests » réalisés par le Trésor américain sur ses banques que le CEBS a publié sa ligne de conduite en la matière. L'initiative de l'administration Obama a permis une opération de communication sur la solidité des établissements américains, leur autorisant dans la foulée de lever plus de 100 milliards de dollars de fonds propres. Si de notre côté de l'Atlantique, et plus particulièrement en France, ces tests sont courants et de pratique ancienne, l'Europe est pourtant apparue à la traîne des États-Unis. D'où l'initiative de lancer une nouvelle vague de tests, cette fois-ci harmonisés au niveau de l'Union.Dans un premier temps, et sur la base des chiffres au 31 décembre 2008, la Commission bancaire a demandé aux banques françaises de travailler sur des scénarios extrêmes dans trois domaines : le risque de crédit (mesurer l'impact de la baisse de la notation de certains secteurs ou entreprises), les risques de marché (évolution des taux de change, du niveau des actions, du prix des matières premières) et le risque de taux (évaluer l'impact d'un mouvement des taux sur la marge d'intermédiation). Comme l'explique un banquier, « pour la première fois, cela s'est pratiqué au niveau paneuropéen. Nous avons fourni des résultats, basés sur une inspiration commune des scénarios avec des hypothèses chiffrées ».divergencesD'autres tests de résistance peuvent commencer aujourd'hui, sur la base des chiffres au 30 juin : il s'agit d'évaluer le risque de liquidité des banques et le risque lié à une crise macroéconomique. L'enjeu est de mesurer, en cas de récession durable, l'impact sur les fonds propres (« tier one ») des établissements financiers et sur leur rentabilité. Reste une question de taille : que faire des résultats ? Faut-il les rendre publics ? Sur ce sujet la France occupe une place à part. Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, s'est dit, lors d'une audition au Sénat dès le mois de mai, « tout à fait partisan d'un ?stress test? à l'échelle européenne en donnant les résultats pays par pays ». Or, rappelle Jean-François Gautier, PDG d'Aedian, cabinet de conseil dans le secteur financier, « l'état de santé des systèmes bancaires des pays étant différent, leur volonté de communiquer les résultats est aussi très variable : la France a une position très claire, mais la Grande-Bretagne, si elle a communiqué sur les scénarios de stress, refuse de rendre publics les résultats. Quant à l'Allemagne, du fait de la nationalisation de certaines banques et de la création d'une structure de cantonnement pour les actifs toxiques, elle n'a aucune envie de communiquer sur le sujet ». Il pointe aussi le « danger à faire trop de tests : en voulant corriger tel résultat, on induit des comportements collectifs qui peuvent entraîner de nouveaux déséquilibres, voire qui amplifient des phénomènes que l'on cherchait à corriger ».

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