PSA suspend ses projets dans le haut de gamme
La Tribune
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Le haut de gamme automobile français n'existe quasiment plus. Et son avenir apparaît bouché. En effet, la Citroën C6 « n'a pas de successeur prévu ». Et « le projet pour remplacer la Peugeot 607 a été suspendu », selon des sources internes au groupe PSA. Ce devait être un coupé à quatre portes, inspiré de la Mercedes CLS, une microniche beaucoup trop étroite pour Peugeot. Chez Renault, la Vel Satis hexagonale sera prochainement remplacée par une berline coréenne, fabriquée par la filiale locale Renault Samsung. Quant aux autres projets de la firme au losange dans le haut de gamme, ils ne sont plus du tout à l'ordre du jour.Échaudées par des chiffres de vente confidentiels, les marques tricolores préfèrent déclarer forfait. Il est vrai que PSA n'a vendu l'an dernier que 3.900 Peugeot 607 et 2.800 C6, Renault 1.667 Vel Satis. Alors que Mercedes diffuse en moyenne 200.000 exemplaires par an de sa seule Classe E. Si la 607, lancée en 2000, s'est correctement écoulée dans ses premières années (27.000 exemplaires en 2002), la grosse Renault commercialisée en 2001 et la grande Citroën C6, vendue depuis 2006, ont constitué des échecs flagrants. Les raisons ? La Renault et la Citroën arborent des carrosseries au style original, voire bizarre, alors que dans ce créneau le client préfère des lignes classiques et rassurantes.problèmes industrielsPlus globalement, les marques françaises pâtissent d'un marché intérieur historiquement limité par la longue tradition de matraquage fiscal des grosses cylindrées, d'une image de marque inexistante dans le haut de gamme, d'une réputation de fiabilité mitigée, et de produits à la finition trop proche de la grande série. Du coup, le non-remplacement du haut de gamme français pose des problèmes industriels. Acculée, en particulier par le bonus-malus qui favorise les petits modèles fabriqués souvent à l'étranger au détriment des véhicules de catégorie supérieure produits dans l'Hexagone, l'usine PSA de Rennes est ainsi sur la sellette. Sa fermeture a été envisagée. Finalement, PSA a décidé de la sauver, mais ses effectifs passeront de 10.000 personnes il y a quelques années à 6.500 personnes escomptées à la fin de l'année, puis 5.500-6.000 à terme. Les capacités sont réduites de 400.000 à 200.000 véhicules par an, pour un point mort de 140.000 à 150.000. En l'absence de haut de gamme, l'usine bretonne (Peugeot 407, 607, Citroën C5, C6) attend avec impatience la remplaçante de la familiale Peugeot 407, prévue fin 2010. Ce modèle, plus grand que la 407 et qui pourrait s'appeler 508, servira in fine de porte-drapeau à la marque au lion. Mais, pour survivre, Rennes devra aussi fabriquer un modèle compact en complément à l'horizon 2014.Chez Renault à Sandouville (Seine-Maritime), la situation est encore plus angoissante puisque, à l'échec de la Vel Satis, s'ajoutent celui de la Laguna de gamme moyenne supérieure et le vieillissement accéléré de l'Espace qui ne sera pas remplacé de sitôt. Ce site phare, qui employait 7.650 personnes il y a quinze ans, n'en compte plus que 2.400. n Échaudées par des chiffres de vente confidentiels, les marques tricolores préfèrent déclarer forfait.
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