Le Japon à l'heure de l'alternance

Le peuple a parlé sans ambiguïté. Dimanche, à l'occasion des élections législatives, les électeurs japonais ont violemment congédié le Parti libéral-démocrate (PLD) qui les gouvernait depuis 1955. À bout de souffle, responsable d'au moins vingt ans d'incompétence et d'immobilisme, la plus vieille majorité du G8 s'est finalement effondrée, réduisant sa présence à la Diète de 307 à moins de 100 députés. De son côté, le Parti démocrate du Japon (PDJ) hérite d'une très solide majorité, forte d'au moins 300 députés.Yukio Hatoyama, le futur Premier ministre, a déclaré que le « principal défi sera de faire de cette victoire celle du peuple, sans être arrogant ». Le Premier ministre, Taro Aso, a, pour sa part, annoncé son intention de démissionner de la présidence du PLD.cap sur les réformes socialesLe PDJ avait besoin d'un mandat clair du peuple pour imposer son agenda ambitieux de réformes sociales. Il l'a. Le PDJ souhaite rendre aux ménages japonais leur pouvoir d'achat d'antan en détournant les ressources aujourd'hui gaspillées à soutenir artificiellement certains secteurs (notamment celui de la construction) pour les rediriger vers les ménages.Il veut surtout véritablement « diriger » le Japon. Son ambition première en effet est de reprendre l'initiative politique des mains des bureaucrates en faisant du bureau du Premier ministre le véritable centre du pouvoir. Aujourd'hui, un Premier ministre japonais dispose de beaucoup moins de pouvoir que n'importe lequel de ses homologues étrangers. Les décisions politiques jusqu'ici étaient toujours prises collégialement entre le PLD, l'administration et le Premier ministre. Pour changer les choses et imposer son agenda, le PDJ s'est donné quatre ans.Ce raz-de-marée est aussi un signe du désarroi des Japonais. Il suit un raz-de-marée similaire, mais en sens inverse, lors des législatives de 2005, qui avaient porté au pouvoir l'ultrapopulaire Junichiro Koizumi (PLD). Les Japonais en vérité ne savent plus à quel saint se vouer. Après vingt ans d'immobilisme et un avenir complètement bouché en raison du vieillissement rapide de la population, le pays est frappé d'un syndrome de déclin.Incapable de faire encore confiance au PLD, il s'est jeté dans les bras du PDJ sans beaucoup d'illusions, parce que ce parti est le seul à lui proposer une société alternative. Il est sans tache, car sans expérience. Pratiquement aucun de ses membres n'a fait partie d'un gouvernement. Il reste au PDJ, assemblage hétéroclite de toutes sortes de sensibilités qui vont de la droite à la gauche et des conservateurs aux libéraux, à supporter sa victoire, et à ne pas imploser en querelles internes lors des prochaines années. 

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