France-Japon ? :  deux états aux fortes traditions bureaucratiques

? La centralisation érigée en modèleL'État japonais a beaucoup de similarités avec le modèle jacobin français. Mais c'est une France d'avant la décentralisation. Le pouvoir demeure très concentré à Tokyo. Seuls les gouverneurs de chacune des 47 préfectures, élus, disposent d'un réel pouvoir. Cette organisation favorise les députés proches du gouvernement, mieux à même de décrocher une subvention ou de débloquer un dossier local.État jacobin par nature, la France s'est néanmoins essayée à la décentralisation. Un processus en deux actes avec les lois Defferre en 1982 et Raffarin (2002-2004). Malgré tout, la centralisation a la vie dure, comme en témoigne la place de l'Île-de-France dans l'économie française (28,6 % de la richesse nationale). ? Une fonction publique hypertrophiéeLe Japon compte beaucoup moins de fonctionnaires que la France (38 pour 1.000 habitants, contre 97 dans l'Hexagone). La France compte 5,268 millions d'agents travaillant dans la fonction publique. Au total, celle-ci représente 21,1 % de l'emploi total en France. ? Des fabriques de serviteurs de l'ÉtatLe Japon n'a pas l'équivalent de l'ENA française. Chaque année, une soixantaine d'étudiants parmi les meilleurs de l'université de Tokyo entrent, dans l'ordre, au ministère des Finances, à celui des Affaires étrangères et à celui de l'Industrie. Fondée en 1980, l'école privée de Matsushita, qui se targue de former « les leaders de demain », est devenue une pépinière d'hommes politiques. En France, l'École nationale d'administration, créée en 1945 pour la formation des hauts fonctionnaires français, accueille chaque année une centaine d'élèves. Parmi les anciens élèves, on compte deux présidents de la République, sept Premiers ministres et de nombreux membres du gouvernement ou du Parlement. ? Le pantouflageAu Japon, le pantouflage est désigné par l'expression « descente du ciel » (« amakudari »), processus par lequel les bureaucrates atterrissent, après leur retraite, soit dans des entreprises qu'ils étaient censés chapeauter, soit dans des sociétés parapubliques, créées spécialement à leur intention. Tous les Premiers ministres depuis dix ans ont promis de s'attaquer au phénomène. En France, la commission de déontologie de la fonction publique, surnommée la commission de pantouflage, contrôle depuis 1995 le départ des hauts-fonctionnaires vers le secteur privé, soit près de 2.000 personnes par an. Elle a accepté cette année la nomination de François Pérol, ancien conseiller du président Sarkozy, à la tête du nouvel ensemble bancaire né de la fusion des Banques Populaires avec la Caisse d'Épargne.R.A. à Tokyo, avec A.E. et C.F.

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