Sociando-Mallet, Quarante ans de bonheur non classé
La Tribune
La Tribune
vinsEn 1969, Jean Gautreau a un coup de foudre pour Sociando-Mallet. Il est bien le seul car son épouse pense qu'il est devenu fou pour s'enticher d'un domaine mal entretenu où les ronces disputent l'espace à la vigne. Environ 5 hectares sont plantés ; il reste 15 hectares non cultivés, une belle prairie et, surtout, une vue magnifique sur l'estuaire de la Gironde. Le terroir, le climat, la composition du sol ? Jean Gautreau s'en fiche. Le lieu est superbe, il veut s'y installer.L'homme est entré pour la première fois en contact avec le monde du vin en 1948. Jeune homme, il est accueilli par la maison de négoce Miailhe. Les temps sont durs, très durs. Deux ans plus tard, il s'installe courtier à son propre compte, puis lance sa maison de négoce en 1956. Il se développe en Afrique et en Belgique. Les grands crus, ravis de l'aubaine, l'adoptent : un homme qui sait vendre est toujours le bienvenu. Plus tard, un de ses clients belges le charge de trouver une propriété viticole. Il découvre Sociando-Mallet et le garde pour lui.« Il restait un pied vaillant tous les cinq ou huit pieds, se souvient Jean Gautreau. Chaque pied portait deux ou trois grappes de raisin. On faisait de l'extrait. » Et la vinification se faisait au petit bonheur la chance, en rajoutant des pains de glace lorsque la température devenait trop importante.Dès 1970, il découvre le potentiel de Sociando-Mallet. La propriété est située sur la butte de Baleyron, dans la commune de Saint-Seurin-de-Cadourne. Nous sommes en Haut-Médoc. Le sous-sol est composé de graves, favorable au cabernet sauvignon ou d'argile, propice au merlot. En conséquence, « ma croupe vaut celle de Latour », affirme Jean Gautreau.relève assuréeAu fil du temps, la propriété s'est agrandie, jusqu'à atteindre 115 hectares, dont 85 hectares de vignes qui permettent de produire 500.000 bouteilles de Sociando-Mallet et de son second vin, la Demoiselle de Sociando-Mallet. Provenant des plus jeunes vignes, ce dernier peut être bu plus rapidement que le premier vin. Car d'habitude, on n'ouvre pas tout de suite une caisse de Sociando-Mallet. On la laisse attendre sagement dans sa cave. Au bout de dix ans, on peut commencer à goûter mais pas avant, car ce vin a tendance à se refermer dans sa jeunesse. Le domaine n'est pas classé mais les aficionados le hissent au niveau d'un troisième, voire deuxième cru classé. Qu'importe, ce n'est pas le classement qui fait la qualité du flacon.Aujourd'hui, Jean Gautreau est un homme comblé. La relève est assurée ? il vient d'être grand-père et Sociando-Mallet est devenu un petit culte. dégustation verticalePour célébrer ses quarante ans de bonheur, il a organisé une dégustation verticale de 40 millésimes. On trouvera ses propres commentaires sur Latribune.fr. Par ailleurs, les foires aux vins vont bientôt commencer et on pourra trouver le Sociando-Mallet 2007 dans de nombreuses enseignes pour moins de 20 euros. n
La Tribune