Vaclav Klaus, chef d'état énigmatique

 |   |  267  mots
Au début des années 1990, Vaclav Klaus, alors Premier ministre, avait engagé les négociations d'adhésion de son pays à l'Union européenne. Une Europe qu'il critiquait par ailleurs en tant qu'économiste libéral hostile à une nouvelle couche de bureaucratie. Fin 1997, pris dans un scandale politico-financier, il doit démissionner. Il dénonce alors un complot orchestré par son rival le président Vaclav Havel, « avec l'aide des Allemands et des Américains ».FoucadesC'est à ce moment que Klaus devient antieuropéen et antiaméricain. Au soir du « oui » au référendum d'adhésion à l'Union européenne dans son pays, l'homme élu quelques mois plus tôt chef de l'État par le Parlement refuse de hisser le drapeau bleu frappé d'étoiles dans la cour du Château de Prague. Depuis, il multiplie les provocations et les foucades, souvent lors de voyages à l'étranger. La presse tchèque, très longtemps respectueuse à son égard, commence à s'interroger sur ses motivations. Par exemple sur ses relations privilégiées avec Vladimir Poutine et les milieux d'affaires russes. Ce président, qui a promis de ne pas signer le traité de Lisbonne avant le nouveau vote des Irlandais, chercherait-il à isoler son pays dans l'UE pour le rapprocher de la Russie ? Certains membres de l'ancienne dissidence le pensent. D'autres soulignent la fascination très noire de Vaclav Klaus pour un Havel qu'il n'a pas réussi à supplanter. À l'image du Salieri de Milos Forman dans le film « Amadeus », il n'aurait pas supporté psychologiquement d'avoir trouvé sur sa route un homme qui a profondément marqué l'histoire. C. D. n

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :