Le Japon tient enfin son rêve spatial

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C'était il y a tout juste un mois. Tout le Japon a pu assister émerveillé à une conversation entre son Premier ministre, Yasuo Fukuda, et l'astronaute Akihiko Hoshide, en direct du module Kibo, le laboratoire japonais qui venait de s'amarrer à la station spatiale internationale (ISS). Quelques mois plus tôt, la Jaxa, la Nasa nippone, a mis sur orbite de la Lune Kaguya, la plus importante mission lunaire depuis les vols Apollo. Rêve ? Plutôt une réalité.Fin mai, la Diète a voté une loi qui encadre l'exploitation spatiale par le Japon, libéralisant notamment l'envoi de satellites militaires. Le Japon entend bien se faire un coin dans cette " nouvelle frontière " qu'est l'espace. La conquête spatiale a un parfum de revanche pour le Japon sur la Chine, qui vient d'envoyer un homme dans l'espace. Revanche sur l'Histoire aussi : maître de l'électronique, de l'automobile et de l'outillage industriel, le Japon a perdu son industrie aéronautique au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, lorsque les forces américaines l'ont clouée au sol au moment où l'industrie passait du moteur à hélices au moteur à réaction. Résultat : l'archipel s'est doté de grands équipementiers, mais pas de "systémiers ", dans son industrie aéronautique. Et il a attendu le milieu des années 90 pour revenir dans le ciel en développant sa propre industrie de lanceurs.Mais tous ces efforts seraient en pure perte selon les acteurs " historiques " européens, russes et américains du spatial, qui raillent l'effort japonais. " Ils font de l'espace, mais les industriels japonais continuent de choisir Arianespace pour leurs satellites ", avance un observateur de l'industrie, qui souligne qu'Ariane est bien moins chère que son concurrent nippon H2-A.MULTIPLIER PAR SIXLE MARCHE D'ICI A 2020Pas de quoi décourager les Japonais. " Si je compare la performance de la H2-A aux autres lanceurs, je me dis que c'est la meilleure fusée du monde. Sa technologie est parmi les plus sophistiquées. C'est le meilleur ratio de poids satellite/lanceur. Sur les douze H2-A lancées, nous avons connu 1 échec : c'est le meilleur taux de réussite de nouveau modèle au monde ", explique à La Tribune Shuichiro Yamanouchi, ex-directeur général de la Jaxa. Son successeur Keiji Tachikawa est tout aussi volontariste : " Nous voulons multiplier par six le marché spatial japonais d'ici à 2020 ", indique-t-il. Tous les industriels observent avec attention les progrès de leur programme national. Peut-être est-ce l'espace qui sera le nouveau moteur de croissance des Toyota et autres Panasonic.

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