Duflot dope sa croissance grâce à l'innovation

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L'incendie, le 28 octobre 2006 par des adolescents, d'un bus de la Régie des transports de Marseille, qui avait très grièvement brûlé une étudiante de 26 ans, désole Pierre Lemaire. " Un tel incendie, explique le PDG de la société Duflot, n'aurait pas pu se produire de cette façon si les sièges du bus avaient été équipés d'une protection contre le vandalisme et surtout contre l'incendie ! " Seulement voilà : il n'existe pas de norme antifeu pour les sièges d'autobus de ville, alors qu'elle existe pour les tramways..." Ce n'est qu'un problème réglementaire, affirme Pierre Lemaire. Car côté matériau, nous avons des solutions. Depuis quinze ans, nous équipons les sièges de la SNCF ou ceux du métro de Londres. Nous avons développé deux produitscomposés de fibres en polyacrylonitrile oxydée. Leurs propriétés sont exceptionnelles en résistance au feu : ils ne brûlent pas, ne fondent pas et, de plus, il ne se percent pas. "Spécialisé dans les textiles techniques fonctionnels, Duflot a développé cette gamme en aiguilleté (non tissé). Et, selon les besoins, la PME l'associe soit à du polyester, soit à un jersey polyamide. " Notre valeur ajoutée repose sur notre R&D que nous menons en partenariat très étroit avec les producteurs de fibres, dont le principal est, pour nous, Dupont de Nemours ", explique François-Xavier Delattre, directeur adjoint de la société.OPPORTUNITEDénommé Cinefelt, ce produit a séduit le Syndicat mixte des transports en commun du Territoire de Belfort, qui vient de commander 20 bus neufs, équipés de sièges antifeu et antivandalisme. " Pour ce type de marché, nous livrons directement notre textile à Kiel France, un fabricant de sièges, qui l'intègre dans le produit fini ", commente François-Xavier Delattre. Cette fibre répond aussi aux exigences nouvelles définies par la mise à jour de l'article AM 18 de la réglementation, en vigueur depuis 1980. Les modifications, intervenues en avril dernier, obligent les fabricants de sièges dits en rangées dans les lieux recevant du public (salles de concert, de cinéma, de congrès, etc.) de proposer des équipements résistants au feu selon les nouveaux critères définis (norme NF D 60013). " Cette nouvelle réglementation est une chance pour nous. Notre gamme Cinefelt y répond parfaitement ", souligne Pierre Lemaire.Installée à Caudry, ville textile (dentelle et broderie) située près de Cambrai, Duflot emploie 61 salariés et a réalisé, en 2007, un chiffre d'affaires de 13,7 millions d'euros (+ 15 %). Elle produit 1 million de mètres carrés de textiles techniques par mois. Créée par Achille Duflot en 1960, elle fabriquait alors de la ouate polyester pour literie et matelassage de veste. Vingt ans plus tard, elle se lançait dans le marché de l'ignifugé, en utilisant une fibre synthétique conçue par l'anglais Courtaud à Calais. Reprise par Pierre Lemaire (ancien directeur technique d'une filature lilloise), Duflot s'est tournée vers Dupont de Nemours pour utiliser d'autres fibres. " Ce partenariat, exemplaire, entre une petite PME et un grand groupe international, s'est poursuivi et amplifié jusqu'à aujourd'hui. Certains de nos travaux de R&D sont menés avec eux. Dans nos créneaux, nous sommes le leader européen pour la production de textiles techniques antifeu, antivandalisme, par aiguilletage ", affirme François-Xavier Delattre.Les cinq points forts de la société1. Une R&D importante (3 % de son chiffre d'affaires), avec un brevet déposé chaque année. Un effort récompensé par le trophée INPI de l'Innovation 2007 pour la région.2. Une diversification des usages de ses textiles techniques : isolation acoustique, écran thermique, antifeu, antivandalisme, antibactérien.3. Une diversification de ses marchés : 40 % du chiffre d'affaires avec l'automobile, 20 % dans le ferroviaire et l'aérien, 20 % dans le bâtiment, 15 % dans les vêtements pour pompiers et 4 % dans l'industrie et le médical.4. Un outil de production moderne. D'ici à 2010, 6 millions d'euros seront investis pour accroître la capacité de production de 40 %.5. Une forte implication à l'export (80 % de sa production) essentiellement en Grande-Bretagne, en Italie, en Espagne et aux États-Unis.

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