L'Élysée passe au crible l'avenir de GDF

La réunion à l'Élysée sur le dossier Suez-Gaz de France ne devait pas être décisive, avaient prévenu les différents entourages gouvernementaux. Elle ne l'a pas été. " À ce stade, il aurait été prématuré de trancher ", dit un proche du dossier.Nicolas Sarkozy voulait hier se faire présenter les options possibles autour de ce dossier. Le Premier ministre, François Fillon, la ministre de l'Économie et des Finances, Christine Lagarde, et les conseillers de l'Élysée ont évoqué toutes les pistes. Tous s'accordent sur un constat : les postulats qui semblaient guider la fusion Suez- GDF ne sont plus de mise. L'entreprise gazière n'a pas la fragilité qu'on lui prêtait. Avec 2 milliards d'euros de résultat, c'est même un grand groupe. De son côté, le groupe dirigé par Gérard Mestrallet n'est plus menacé par l'Enel, celui-ci semblant avoir renoncé à toute action hostile.CONCESSIONS TROP NOMBREUSES Est-ce une raison pour renoncer à la fusion ? Certains pensent que oui et défendent une fusion EDF-GDF. Même si les syndicats de l'énergie restent favorables à un tel rapprochement, ils reconnaissent que le gouvernement a " très vite écarté " cette hypothèse. " Les concessions demandées par Bruxelles auraient été beaucoup trop élevées ", disent plusieurs sources.D'autres affirment que Gaz de France peut rester indépendant, au vu de son bilan. Selon eux, il conviendrait, cependant, de renforcer l'entreprise en amont - dans l'exploration gazière - et en aval- dans l'électricité. Si l'hypothèse d'un rapprochement entre GDF et la Sonatrach, société nationale algérienne, paraît impossible, le gouvernement n'exclut pas d'obtenir une place plus grande pour GDF dans l'exploration gazière algérienne. La question serait au centre des discussions lors du voyage de M. Sarkozy les 9 et 10 juillet à Alger. Afin de renforcer la puissance d'investissement de l'entreprise publique, certains conseillers recommandent une augmentation de capital de 7 à 8 milliards d'euros. Même si cette opération se traduit par une dilution de la participation de l'État, actionnaire à hauteur de 80,2 %.Troisième scénario : retour à la fusion Suez-Gaz de France. De l'avis de beaucoup, celle-ci offre un réel intérêt industriel. Mais le gouvernement n'est plus du tout d'accord pour la faire selon les schémas arrêtés auparavant. Désormais, il entend fixer ses conditions. À Suez ou non de les accepter.Tout semble pouvoir être rediscuté, le périmètre du groupe, la gouvernance, la parité et le niveau de la présence de l'État. Compte tenu des différences boursières entre les deux groupes, certains, notamment à Bercy, sont partisans d'une sortie avant ou après la fusion de l'activité environnement. Cette scission permettrait de financer le superdividende versé aux actionnaires de Suez et d'équilibrer le poids des deux groupes. Ce dispositif présenterait aussi l'avantage de permettre à l'État de conserver plus que 34 % du capital. Allant plus loin, d'autres préconisent, au vu des désaccords persistants entre les deux managements, une remise à plat de la gouvernance. Le nouvel ensemble serait alors doté d'un directoire et d'un conseil de surveillance.DECISION DES ACTIONNAIRES" Ce ne sont là que des pistes ", ditun proche du dossier. Mais elles déplaisent déjà fortement à Suez. Celui-ci n'a envie ni de revenir sur la gouvernance, encore moins sur les parités et pas du tout sur le maintien de l'environnement dans le nouvel ensemble. " Ce sera aux actionnaires de Suez d'accepter ou non lesconditions de la fusion ", prévient-on déjà dans le groupe, afin de prévenir toute tentation de surenchère du gouvernement. Les négociations continuent. M. Sarkozy aura bientôt toutes les cartes en main pour trancher.

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