Le courant passe entre la France et l'Espagne

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Enfin ! Après quinze ans de laborieuses tractations, le projet de nouvelle ligne à haute tension entre la France et l'Espagne devrait être définitivement adopté lors du sommet bilatéral qui réunit jeudi à Paris les dirigeants français et espagnol Nicolas Sarkozy et José Luis Rodríguez Zapatero. Un projet fondamental pour l'Espagne, dont l'interconnexion électrique avec la France (et donc avec l'Europe) ne dépasse pas 3 % de sa capacité installée.Les ultimes négociations entre les deux pays portent sur le degré de précision de l'accord qui sera annoncé : les Espagnols veulent un calendrier le plus concret possible, afin de donner le coup d'envoi au projet avant début juillet, moment où Paris risque de se focaliser sur d'autres dossiers en prenant la présidence de l'Union européenne. Ce timing permettrait, selon le secrétaire général à l'Énergie, Ignasi Nieto, de terminer la construction fin 2011. La nouvelle ligne aura une capacité de 1.200 mégawatts (Mgws), et permettra donc presque de doubler le volume actuel d'interconnexion, qui est de 1.400 Mgws. Après avoir étudié trois options différentes, les deux pays se sont mis d'accord sur un tracé définitif, qui suivra de près la ligne du TGV en construction, afin de limiter l'impact environnemental en concentrant les infrastructures. La lignereliera Barcelone à Gérone, Figueras, Le Perthus et Perpignan.CALMER LES ECOLOGISTESLes deux pays se sont également mis d'accord pour accepter la principale suggestion de Mario Monti, le médiateur nommé par la Commission pour débloquer ce dossier : l'enfouissement partiel du tronçon frontalier. Ni Madrid ni Bruxelles n'envisagent toutefois d'enterrer la totalité de ce tronçon de 55 km. Les Espagnols veulent convaincre les Français de limiter l'enfouissement aux 10 km de montagne du tracé, vu le surcoût induit : selon Ignasi Nieto, alors que le coût d'une ligne à haute tension " normale " avoisine les 400.000 euros par kilomètre, celui d'une ligne souterraine bondit à 6 ou 8 millions le kilomètre. Et l'Espagne, qui projette dans les prochaines années la construction de 7.000 km nouveaux de lignes à haute tension, veut éviter qu'un tel précédent ne fasse école auprès de ses élus locaux. Reste à convaincre Paris qu'un enfouissement à si petite échelle sera suffisant pour apaiser les protestations des écologistes du sud de la France.

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