La défense supprimera 30.000 postes en cinq ans

Après avoir étudié trois scénarios de réduction de ses effectifs fin 2007, le ministère de la Défense en a retenu un sur lequel il travaille actuellement : la suppression de 30.000 postes environ sur toute la durée de la législature. Après le feu vert de l'Élysée, c'est la position intermédiaire qui a été choisie de préférence à l'hypothèse basse (20.000 réductions de postes) et surtout à l'hypothèse haute (55.000 environ), la plus discutée. Le scénario intermédiaire correspond aux efforts demandés à l'ensemble des ministères dans le cadre de la révision générale des politiques publiques (RGPP). Ces mesures seront annoncées après les élections municipales.Après avoir annoncé la suppression de 6.000 postes pour 2008 en ne remplaçant pas un départ sur deux à la retraite, le ministère de la Défense poursuivra sur ce rythme la réduction des effectifs au cours des quatre prochaines années. Soit 30.000 postes sur cinq ans. L'objectif du ministre de la Défense, Hervé Morin, consiste à se rapprocher du ratio britannique entre les forces opérationnelles et le back-office (administration, soutien...), qui est actuellement de 65/35. En France, le ratio est plus équilibré autour de 50/50. Comme il l'a répété à plusieurs reprises, le ministre souhaite renforcer les forces opérationnelles. Pour supprimer 30.000 postes, le ministre attend beaucoup des quatorze groupes de travail chargés de lui faire des recommandations à la fin février ou au début de mars. Même si Hervé Morin a déjà quelques pistes. Notamment en réduisant le nombre d'implantations de l'armée de terre.EXTERNALISER L'HABILLEMENTLes régiments, densifiés, verraient leurs effectifs grimpés à six à sept compagnies de combat pour une de soutien (au lieu de quatre pour une actuellement). Il a aussi en vue de réduire le nombre de responsables ressources humaines dans les régiments en se basant sur les meilleures pratiques.Le ministère compte aussi sur les recommandations des groupes de travail pour savoir comment ­externaliser certaines activités peu compétitives. Il pense notamment à l'habillement des militaires. Il n'est pas exclu non plus que la maîtrise d'oeuvre de certains de ses bâtiments (casernes de gendarmerie, hangars...) soit externalisée. Enfin, il travaille sur la rationalisation des doublons dans les armées, notamment en " interarmisant " le soutien. L'Hôtel de Brienne attend le résultat de ces actions en milieu de législature. Il préconise à cet effet un effort budgétaire au début de la prochaine loi de programmation militaire (LPM) pour financer en partie les 3 milliards d'euros nécessaires aux programmes d'armement. Ensuite, les économies réalisées seront récupérées en partie dans la LPM et dans la revalorisation de la condition militaire.

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