La Lyonnaise de Banque reprend la Banque Bonnasse

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Le groupe CIC retrace les frontières de ses filiales régionales dans le sud-est de la France. Le groupe bancaire a annoncé hier un « projet de rationalisation des territoires d'exploitation de la Banque Régionale de l'Ain, de la Banque Bonnasse et de la Lyonnaise de Banque », qui se traduira par un renforcement sensible de cette dernière qui est, il est vrai, l'un de ses piliers. Concrètement, cette restructuration va se traduire par plusieurs opérations. La première est la prise de contrôle totale par la Lyonnaise de Banque de la Banque Bonnasse, le « Petit Poucet » du CIC, installée dans la région de Marseille. Ce petit établissement, qui dispose d'un réseau de onze agences, affiche une santé précaire : il devrait annoncer une perte de l'ordre de 20 millions de francs au titre de l'exercice 1995, pour un produit net bancaire de 130 millions, après un déficit de 55 millions en 1994. Une situation délicate liée à sa petite taille et à un environnement bancaire difficile dans la région, comme le montrent les difficultés chroniques de la Société Marseillaise de Crédit (SMC). En outre, la Lyonnaise de Banque a étendu sa zone d'influence au-delà de sa région d'origine et travaille depuis longtemps déjà sur les bords de la Méditerranée, en concurrence directe avec la Banque Bonnasse. Afin de rationaliser cette situation, l'état-major du groupe CIC a décidé de rapprocher l'exploitation de la Banque Bonnasse et celle de la Lyonnaise de Banque, « afin d'accroître ses moyens d'action et d'améliorer sa productivité ». « Au terme de ce processus, la Banque Bonnasse sera adossée à la Lyonnaise de Banque », explique le CIC. Au passage, le président de la Banque Bonnasse, Jean-Michel Scaramanga, un proche de Jean-Claude Gaudin, un temps pressenti pour prendre la tête de la SMC, est remplacé par Jean-Claude L'Arnaud, directeur central de la Lyonnaise de Banque. Une recapitalisation de 100 millions de francs Sur le terrain, ce rapprochement se traduira par un renforcement du réseau de la Banque Bonnasse, qui va être porté à vingt-six agences, par adjonction des agences de Marseille, de l'est des Bouches-du-Rhône et de l'étang de Berre de la Lyonnaise de Banque. Cette dernière, pour sa part, va récupérer les agences du Vaucluse et d'Aix-en-Provence de sa nouvelle filiale. Parallèlement, va être mise en oeuvre une rectification de frontières entre la Lyonnaise de Banque et la Banque Régionale de l'Ain, sa voisine. Celle-ci va se traduire par l'inégration par la BRA de trois agences de la Lyonnaise dans le Haut-Jura, tandis que cette dernière récupérera les implantations de Rillieux-la-Pape et de Montalieu de la BRA, devenant ainsi la seule banque du groupe CIC présente dans le Rhône et l'Isère. Tous ces mouvements s'accompagneront d'une recapitalisation de 100 millions de francs de la Lyonnaise de Banque par l'Union Européenne de CIC (UECIC), maison mère du groupe. Ces fonds seront en priorité affectés à un renforcement des fonds propres de la Banque Bonnasse. Toutes ces modifications interviendront dans les prochains mois, après consultation des instances représentatives du personnel et décision définitive des conseils d'administration des banques concernées, qui se tiendront en février. Pour Jean-Pierre Aubert, le président du groupe CIC interrogé par l'AFP, ces opérations sont « la meilleure façon de montrer la force du groupe CIC, le renforcement de sa cohérence et son potentiel de développement ». Selon lui, le résultat net du groupe devrait être en ligne avec l'objectif initial de 550 millions de francs, en hausse sensible par rapport aux 457 millions de 1994. Le produit net bancaire devrait progresser d'environ 1 %, et le résultat brut d'exploitation en léger progrès, tandis que le poids des provisions devrait quelque peu s'alléger. G. de C.

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