General Re s'offre National Re pour 4,8 milliards

General Re poursuit ses emplettes. Le quatrième réassureur mondial a annoncé hier avoir conclu un accord définitif d'acquisition de son homologue local, National Re, pour environ 940 millions de dollars (4,8 milliards de francs). Les actionnaires de National Re recevront 53 dollars en cash ou en titres General Re, ce qui fait ressortir une prime de 40 % par rapport au cours d'hier à la mi-séance (37,75 dollars). National Re se situe à la quinzième place du classement des réassureurs américains, et n'opère, comme son nom l'indique, que sur le territoire américain. L'an der- nier, le groupe a totalisé un volume de primes de 335 millions de dollars. Neuf fois plus gros que National Re, avec un chiffre d'affaires 1995 de 2,96 milliards de dollars, General Re paraissait le mieux pla- cé pour racheter celui-ci. En effet les deux sociétés sont voisines et certains dirigeants de National Re, dont le président William D. Warren, sont d'anciens de General Re. Il y a deux ans, General Re s'était déjà fait remarquer en rachetant la Kölnische Rück (le pôle de réassurance des groupes allemands Colonia et Nordstern), cinquième réassurance mondia-le, pour 922 millions de marks (3,13 milliards de francs). Grâce à cette acquisition, le groupe américain était passé du septième au troisième rang mondial. Mais en acquérant coup sur coup le portefeuille vie de NRG Victory, Aachener Rück (pour 180 millions de marks) et Frankona Rück, Employers Re, l'autre géant américain, est repassé devant General Re. Le principe de la division des risques Ce mouvement témoigne de la tendance des grands réassureurs américains, jusque-là très orientés sur leur seul marché domestique, à sortir de leur frontière, poussés par des conditions d'exploitation plus difficiles outre-Atlantique. Désormais, les deux géants américains occupent respectivement les troisième et quatrième places mondiales. Cette opération confirme la poursuite du mouvement de concentration dans lequel la réassurance mondiale est engagée depuis quelques années. Depuis 1991, une centaine d'opérateurs totalisant 10 milliards de dollars de primes (NRG, Royal Ré, NW Ré...) ont disparu du marché et la tendance devrait se poursuivre encore pendant deux ans. Toutefois, selon certains professionnels, ce mouvement a des limites. Le principe de l'assurance et de la réassurance est la division des risques. De fait, les quatre premiers réassureurs (Suisse Ré, Munich Ré, General Re et Employers Re) ne se rapprocheront pas. En revanche, la dizaine de réassureurs loin derrière eux, de taille moyenne, tels que Hannover Rück, la Scor, Axa Re, Mercantile and General, pourraient avoir des velléités de réaliser des opérations de concentration pour se rapprocher du peloton de tête. Enfin il existe des petits réas-sureurs de qualité, comme la Safr, huitième réassureur fran- çais (filiale du groupe AGF), qui n'ont sans doute pas encore la taille critique et qui devront grossir. N. B.

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