Generali France va changer mais sans Eric Giuily

Il a brûlé les étapes et commis des maladresses par excès de précipitation. C'est un homme pressé. Or ce n'est pas le genre de la maison, pour qui le temps ne compte pas. » Voilà en quelques mots, selon une source interne, l'explication du départ attendu prochainement d'Eric Giuily de La France Assurances. Contacté, ce dernier se refusait, hier, à tout commentaire. Ce serait en tout cas la suite logique à l'annonce faite ce week-end à Trieste par Antoine Bernheim, président des Assicurazioni Generali Spa, qui n'a pas mentionné une seule fois le nom d'Eric Giuily en donnant le nouvel organigramme de Generali en France. Pourtant bon nombre d'observateurs supposaient que l'arrivée de l'ex-président de la Compagnie Générale Maritime à La France Assurances comme directeur général adjoint n'était qu'une première étape avant de prendre des fonctions plus importantes au sein du groupe. Et d'aucuns le voyaient devenir le numéro deux du holding Generali France Holding, la société qui détient toutes les participations de Generali en France. « Le pilote du comité de pilotage » Arrivé à La France Assurances au début de cette année, Eric Giuily était chargé de la coordination du rapprochement pour l'ensemble du groupe. Certes, depuis le début de l'année, un comité de pilotage, présidé par Robert Rosa, président de Generali France Holding et composé de Théodore Gicquel (PDG de La France Vie et La France IARD), Marc Garnier (président de La Concorde et nouveau directeur de Generali France Holding), et Eric Giuily, avait été créé à cet effet. Mais, en interne, on avait l'habitude d'appeler ce dernier « le pilote du comité de pilotage». Et pour cause. En cinq mois, il a construit un projet de plan d'action - dont la première étape est la fusion de la France IARD avec la Concorde - et mis « le train et la locomoti- ve sur les rails ». Or, explique une source proche du dossier, « il demandait depuis quelque temps la mise en place d'un organigram-me clair et précis où seraient définies les différentes responsabilités pour pouvoir disposer de toute la latitude pour appliquer le projet d'action ». Dès lors, les relations entre Eric Giuily et Antoine Bernheim se sont dégradées. « Antoine Bernheim n'allait pas déstabiliser l'organigramme de Generali pour satisfaire la demande d'Eric Giuily », explique un connaisseur. De fait, ce départ ne peut que susciter des questions sur le calendrier du rapprochement entre La France IARD et La Concorde, dont la fusion doit être effective en principe au début de l'année prochaine. En attendant, si le départ d'Eric Giuily se confirme, les syndicats - qui n'ont toujours pas donné leur avis sur la fusion envisagée dans l'attente d'être fixés sur les répercussions au niveau de l'emploi - seront dans leur ensemble « soulagés », craignant que ce dernier ne mette en place un plan social pur et dur. Toutefois certains d'entre eux s'inquiètent de l'évolution de la situation et se posent des questions : « Soit les dirigeants actuels entreprennent la rationalisation du nouvel ensemble, avec ce que cela implique comme luttes internes, soit la décision est prise de faire appel à un consultant extérieur, soit un nouveau responsable est engagé à la place d'Eric Giuily. » Pour l'instant, rien ne filtre du groupe. Sybil Rizk

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