La Maaf vient au chevet des sociétés en difficulté

Qu'y a-t-il de commun entre Executive Life, la banque commerciale privée (BCP) et la Banque Pallas Stern (BPS) ? Réponse : la Maaf. Depuis quelques années, cette mutuelle d'assurances se fait une spécialité d'intervenir dans des plans mis en oeuvre pour éviter aux sociétés en difficulté - et à leurs créanciers - la menace de la liquidation à l'encan par des fonds « vautours ». « Les procédures classiques aboutissent à des liquidations pénalisantes pour les créanciers. C'est pourqoi Synactic [Ndlr : filiale à 17 % de la mutuelle] cherche à les aider à s'organiser », explique Jean-Claude Seys, président de Maaf Assurances. La société d'ingénierie financière élabore des plans de redressement et se rémunère sous forme d'honoraires. Dans le dossier BCP, Synactic avait ainsi apporté à un fonds d'indemnisation une somme de 70 millions de francs qui permettaient d'améliorer un peu les conditions d'indemnisation des déposants. Cet apport a permis de coiffer au poteau les « quatre ou cinq autres propositions formulées par des liquidateurs professionnels qui auraient vendu les actifs à l'encan », explique Jean-Claude Seys. Maaf Assurances veut être présente pour crédibiliser les propositions de Synactic et garantir ses offres financières. Pour la Maaf, l'intérêt stratégique est très variable. Dans le cas de la BCP, récupérée dans la corbeille de l'assureur, « il n'y a pas de réactivation à proprement parler des activités. On veut utiliser Intermedia banque [Ndlr : la banque du groupe d'assurances] comme un instrument de gestion interne ». Pour l'instant, le plan mis en oeuvre consiste « à récupérer les créances et à liquider les actifs », une éva- luation du passif acceptée par le tribunal du commerce étant attendue pour fin septembre. « Concrètement, il s'agit de vérifier la réalité des créances des clients, leur éligiblité », explique encore le président de la Maaf. D'où l'incompréhension de certains clients qui sont à la fois débiteurs et créditeurs et ne parviennent pas à récupérer leur mise alors que, dans le même temps, la banque leur demande d'apurer leur dette. Dans l'immédiat, les créances ne sont remboursées qu'à hauteur d'un tiers de leur valeur en raison du déséquilibre entre le total des actifs, d'environ 500 millions, et celui du passif de la banque, d'environ 1,4 milliard. L'apurement, semble-t-il intégral, de la dette ne serait prévu qu'au terme d'un délai de quatorze années. Les créanciers, qui renoncent à un remboursement partiel immédiat, acquièrent des titres dont les intérêts capitalisés constitueront un précieux complément d'indemnité à l'échéance. Concernant BPS, Synactic pense avoir identifié des solutions, et tente de finaliser un plan de redressement avant le mois d'octobre. Le plan d'Executive Life était similaire au cas de BPS : l'intervention en capital de la Maaf a garanti auprès des autorités de tutelle le déroulement du plan d'indemnisation des assurés. Puis la Maaf a valorisé les actions acquises en les recédant sur le marché deux ans et demi plus tard. Laurent Chemineau

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