« Un marché de financement d'entreprise à l'échelle européenne »

« La Tribune ». - Où en est le nouveau marché à moins de deux mois de son démarrage ? Jean-François Théodore. - La première grande nouvelle de la nouvelle année du nouveau marché est qu'il vient d'être reconnu officiellement. Le ministre de l'Economie et des Finances vient en effet de signer un arrêté entérinant sa création. Cet un événement important puisque aucun marché n'a vu le jour depuis la réforme boursière de 1988. Le nouveau marché existe donc juridiquement, d'une part, mais il est également reconnu en tant que Bourse de valeurs, et ce dès à présent, sans attendre que la loi de transposition de la directive européenne soit votée, ce qui n'entraînera donc pas de retard sur la date de démarrage. Les dispositions fiscales visant à favoriser le nouveau marché ont par ailleurs été arrêtées. Enfin, le règlement de la Commission des opérations de Bourse relatif aux notes d'information des sociétés admises sur ce marché a été homologué. Le nouveau marché est donc né, avec une date de naissance très symbolique, autour du 1er janvier 1996. Où en sont vos accords à l'international ? Nous allons créer, dans les prochaines semaines, avec diverses Bourses intéressées par le même objectif, un groupement européen d'intérêt économique (GEIE), dont le siège sera à Bruxelles. Cette structure commune constituera le premier maillage concret du réseau européen des entreprises de croissance dont parlait le rapport Bruno Roger, Pierre Faure, dès l'origine du projet. Ce GEIE, sans avoir bien entendu l'ampleur que peut avoir cet autre GEIE qu'est... Airbus Industrie, nous permettra, d'un côté, de disposer d'un certain nombre de moyens techniques et, en même temps, de bien marquer le caractère européen de notre idée. Le nouveau marché est un marché français au sens juridique, mais nous comptons développer un marché de financement d'entreprises de croissance à l'échelle européenne. Ce GEIE permettra à l'ensemble des Bourses et des entreprises de marché intéressées de définir dans un conseil commun des règles de fonctionnement coordonnées et une stratégie marketing global. Justement, quel est l'accueil du nouveau marché réservé par les étrangers, tant du côté des émetteurs que des investisseurs ? S'agissant des émetteurs, nous avons un nombre - qui nous surprend favorablement - de candidatures, spontanées ou par l'intermédiaire des ITM, de sociétés européennes intéressées par la création d'un marché spécifique. Un bon nombre de sociétés viennent de pays dont les marchés ne sont pas suffisamment adaptés au financement des entreprises moyennes de croissance. Leur intérêt pour le nouveau marché montre donc bien qu'il répond vraiment à un besoin. Le caractère assez international des ITM devrait, en outre, faciliter le démarchage de sociétés européennes. C'est d'ailleurs dans cette optique que nous avons désigné un cadre anglais de haut niveau, spécifiquement en charge de la prospection des sociétés étrangères. Du côté des investisseurs étrangers, l'accueil est tout aussi favorable. Le nouveau marché correspond parfaitement aux types d'investissements apportant des « idées » nouvelles et de forts effets de levier possibles pour diversifier et dynamiser leur gestion. Concrètement et techniquement, comment se dérouleront les premiers pas du nouveau marché ? Nous avons actuellement treize candidats fermes et déjà une quarantaine de prospects environ pour assurer les introductions au cours de l'année. Nous faisons tout pour tenir la date du 14 février, donnée il y a six mois comme le jour « J » du démarrage. Tout est au point sur les plans juridique, technique et struc- turel... : de façon difficilement prévisible, ce sont les grèves du mois de décembre qui tendent notre plan de lancement en ayant fait pratiquement perdre un mois aux ITM pour l'examen des dossiers. Nous allons voir l'état d'avancement des dossiers prêts à constituer la première « rafale » d'in-troduction lors des comités d'admissions programmés pour le 18 janvier et le 1er février. Techniquement, nous introduirons dans un premier temps un bouquet de cinq ou six sociétés, dont nous souhaitons qu'elles constituent un noyau représentatif de ce que sera le nouveau marché. Ensuite, les nouvelles sociétés seront introduites tous les mercredis, suivant un rythme de croisière qui devrait permettre d'atteindre une trentaine d'introductions d'entreprises de qualité sur l'année. La plupart du temps, l'introduction sera précédée de l'ouverture d'une période de pré-placement qui commencera entre quinze jours et un mois avant l'entrée effective sur le marché. Compte tenu du type des sociétés qui seront introduites sur le nouveau marché et de l'utilisation d'un placement parallèle, je pense que l'offre à prix minimal sera plus largement utilisée que sur le second marché. Ce serait logique en raison d'une valorisation plus délicate à prévoir pour ce type de jeune société. Le mécanisme de recherche de prix se fera donc à l'occasion du placement. Propos recueillis par Perrine Delfortrie

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