En vendant 167 tonnes d'or, l'Australie fait chuter les cours

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Jeudi, la banque centrale d'Australie a annoncé avoir vendu 167 tonnes d'or, pour lever un peu plus de 1,98 milliard de dollars américains. Cet aveu a pris à contre-pied les traders, qui s'attendaient plutôt à des ventes européennes. Il scelle aussi la fin d'un dogme : les banques centrales peuvent vendre massivement leur or sans état d'âme particulier. Du coup, le métal jaune est tombé à Londres à son plus bas niveau en douze années de fixage. Vendredi après-midi, il s'est inscrit à 324,45 dollars l'once, soit une baisse de 44,95 dollars par once depuis le début de l'année. En moins de six mois, l'Australie a ramené de 20 % à 5 % la part d'or dans ses réserves. En Europe, la crainte de voir les banques centrales abaisser de 40 %-60 % à 20 % la part d'or dans leurs avoirs fait planer une épée de Damoclès sur l'ensemble du marché aurifère. Plusieurs spécialistes estiment que les banques centrales, en maintenant figées leurs réserves d'or à leur niveau actuel (35.000 tonnes), perdent potentiellement environ 15 milliards de dollars. Pays bénéficiaires. Avec cette opération, l'Australie a fait le pari d'une gestion dynamique de ses actifs financiers. Son exemple pourrait être suivi. Mais cette situation pourrait profiter à d'autres pays. La chute des cours de l'or est compensée par la valorisation du dollar contre leur devise nationale. C'est le cas de la Chine, de plusieurs pays d'Amérique latine, d'une partie du continent africain et surtout des pays de l'ex-URSS. Autre volet positif à cette baisse : une accélération de la demande industrielle. Une chute de plus de 10 % des cours de l'or augmente ses usages industriels, d'autant que plusieurs experts le voient glisser jusqu'à 300 dollars l'once. Parallèlement, la demande des particuliers en Asie, selon le Conseil international de l'or, progresse au fur et à mesure que les cours déclinent. Ce mouvement est sensible à Taiwan, en Chine continentale et en Indonésie. En revanche, la contre-performance de l'économie coréenne entraîne une limitation des achats des particuliers. Rentabilité du secteur menacé. Néanmoins, la chute des cours de l'or a pour effet de remettre dramatiquement en cause la rentabilité du secteur minier. Au niveau actuel, seulement une poignée de mines en Afrique du Sud tirent leur épingle du jeu. En Australie, environ 12 % de l'ensemble des mines peuvent survivre avec ce niveau de cours. Du coup, l'industrie aurifère présente toutes les caractéristiques d'un secteur sinistré. Guy-André Kieffer

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