Sociétés de Bourse : plus de spécialisation, moins d'emplois

Selon l'Association française des sociétés de Bourses (AFSB), le fléchissement des effectifs au sein de la profession a été limité l'an passé. Ce sentiment est confirmé par les chiffres publiés par la CFTC Bourse en matière d'emploi dans les sociétés de Bourse en 1995. Selon Joseph Thouvenel, représentant de ce syndicat, les effectifs sur la place devraient être passés sous la barre de 4.000 salariés fin 1995, contre 4.060 en septembre et à comparer à 4.373 personnes à la fin de 1994. La création de six sociétés de Bourse au cours de l'année n'a pas compensé les fermetures concomitantes de plusieurs sociétés ou encore la disparition de structures à la suite de fusions entre plusieurs intervenants. Selon Joseph Thouvenel, parmi les structures nouvellement créées, nombreuses sont celles qui emploient peu de personnes. Souvent, à peine une dizaine de salariés, en raison du processus de spécialisation par métier mais également par produit (actions, obligations, Monep ou Matif) auquel on assiste depuis plusieurs mois. Vers une spécialisation des opérations A l'image des nouveaux acteurs sur la place, les sociétés de Bourse existantes ont été également de plus en plus nombreuses (on en compte déjà 17) à opter pour le statut de négociateur pur. Une spécialisation qui revient uniquement à exécuter les ordres sur le marché et donc à confier à un compensateur multiple le soin d'assurer pour son compte le dénouement des opérations enregistrées sur le marché. Pour le moment, on ne relève l'existence que de trois compensateurs multiples sur la place française, à savoir Parel (Société Générale), France Compensation Bourse (Crédit Lyonnais) et CPR Compensation. Cette tendance de fond explique donc l'évolution des effectifs par métier dans les sociétés de Bourse où l'on note la poursuite de la chute des personnels affectés aux seules opérations de back-office. En 1993, ces derniers représentaient encore 23 % du total des effectifs. Cette proportion devrait revenir pour 1995 à 17 % du total. Le nombre de salariés relevant des services centraux est également en repli (17 % contre 18 % en 1994), tandis que les postes consacrés aux négociations et middle-office sont restés stables (15 %). Les emplois augmentent, en revanche, dans les services informatiques (un peu plus de 5 % du total), dans les contrôles internes d'opérations (non chiffrés) et dans le trading (24 % contre 23,2 % en 1994). 1996 devrait marquer une nouvelle baisse du nombre de salariés employés dans le secteur. Plusieurs plans de licenciements annoncés en 1995 ne vont en fait être effectifs qu'en 1996. Ils concernent au moins cinq sociétés. Il est probable que les sociétés de Bourse décident de supprimer certaines de leurs activités, pour opter à leur tour pour une spécialisation par métier et par produit, au vu de leurs comptes d'exercice 1995. Enfin, même si l'entrée en application de la DSI (directive européenne sur les services en investissements) courant 1996 incite les intermédiaires étrangers à installer des structures en France, ces derniers préfèrent bien souvent amener avec eux leurs spécialistes. Héléna Dupuy

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