Le dollar pourrait profiter de l'accord sur le budget américain

Après avoir fait une échappée spectaculaire, pour monter jusqu'à 106,60 yens, son plus haut niveau depuis mars 1994, et franchir le seuil de résistance de 1,4550 deutsche mark, le dollar a fait une embardée vendredi, reperdant une grande partie du terrain reconquis. Si la parité dollar-yen n'a guère été affectée par l'annonce de la démission du Premier ministre japonais, Tomiichi Murayama, les opérateurs du marché des changes ont pris leurs bénéfices à coeur joie, puisque les forts décalages récents leur ont permis d'empocher un pourcentage coquet de l'ordre de 3 %, en vendant les dollars qu'ils avaient acquis depuis le début de l'année. Dans l'après-midi de vendredi, le billet vert ne valait ainsi plus que 104,50 yens, même si la plupart des prévisionnistes s'en tiennent toujours à leur pronostic d'une poursuite du mouvement de reprise du dollar face à la monnaie de l'archipel, intrinsèquement faible. En revanche, son redressement vis-à-vis du deutsche mark apparaissait vendredi doublement compromis, tout du moins dans l'immédiat. Sur le plan de l'analyse technique d'abord : son incapacité à s'installer durablement au-dessus de 1,4550, le niveau sur lequel le dollar vient buter depuis plusieurs mois, constitue un puissant signal de résistance à la hausse. Il a d'ailleurs reperdu deux pfennigs à la veille du week-end pour refluer jusqu'à 1,4350 mark au plus bas dans les transactions. Sur le plan politique ensuite : la tenue du dollar face aux monnaies européennes du noyau dur reste liée à la crise budgétaire aux Etats-Unis. Tout au plus, les républicains ont-ils approuvé vendredi un projet de financement partiel et temporaire du gouvernement américain. L'absence de statistiques exaspère les opérateurs Les opérateurs attendaient surtout un compromis portant sur le contenu réel du budget, seul capable, si son ambition est suffisante, de permettre une appréciation supplémentaire du billet vert. Rien n'était encore acquis à la veille du week-end. Les opérateurs commencent aussi à être exaspérés par l'absence de statistiques - leur pain quotidien - sur l'état de santé de l'économie américaine, du fait de la fermeture depuis le 16 décembre des services fédéraux compétents. Ils ont notamment été privés de leurs chiffres fétiches, les statistiques de l'emploi outre-Atlantique en décembre traditionnellement diffusées le premier vendredi du mois. Le récent rebond du dollar incorporait en effet un accord pour éliminer le déficit budgétaire américain d'ici à l'an 2002, préalable imposé par les républicains, majoritaires à la Chambre des représentants, au relèvement du plafond de la dette de l'Etat. Or cet ac- cord joue de plus en plus les Arlésiennes. Seul aspect positif de cette situation : Alan Blinder, le vice-président de la Fed, a estimé la semaine dernière que l'actuel vide statistique pose de « sérieux problèmes » à sa banque centrale. Celle-ci pourrait donc temporiser et maintenir le statu quo sur ses taux à court terme lors de sa première réunion de l'année, le 31 janvier, laissant intact les rendements en faveur du dollar. Isabelle Croizard (Lire également en Voir Evenement

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