Emprunts + L'obligataire français reste bien orienté

Les opérateurs sur l'obligataire, qui avaient pour objectif 5,25 % pour les taux à 10 ans cet été, sont en passe de gagner leur pari. Les rendements à 10 ans s'inscrivaient en fin de semaine dernière à 5,47 % au plus bas et devraient, selon les spécialistes, continuer de se détendre cette semaine. Plusieurs éléments militent en effet pour une nouvelle détente. D'abord, le contexte international est porteur : les taux français imitent la détente du marché obligataire américain, qui, après le statu quo décidé la semaine passée par la Réserve fédérale (Fed) sur son taux directeur, devrait pouvoir afficher de belles performances pendant plus d'un mois, avant la prochaine réunion de la Fed, le 19 août, et entraîner ainsi les taux européens dans sa détente. Ensuite, du côté domestique, le marché français profite d'une exceptionnelle affluence de liquidités. Non seulement les assurances vie continuent de collecter des fonds qui doivent être placés en majorité sur le marché des taux longs, compte tenu de certaines contraintes qui les empêchent d'aller sur les actions, mais en plus de nouvelles liquidités devraient renforcer cette tendance. Le 25 juin, un remboursement d'une ligne d'OAT 1987 a porté sur un montant de 22 milliards de francs ; l'emprunt Balladur arrive à échéance le 16 juillet, pour un montant 90,8 milliards au total ; et enfin, la tombée d'une partie d'une ligne de BTAN d'un montant originel de 65 milliards de francs aura lieu en août. Autant d'argent qui sera réinvesti majoritairement en obligations. Le long terme privilégié. D'autant qu'un phénomène technique, dû à un changement de composition de l'indice CNO, la référence que doivent battre les portefeuilles obligataires, pousse les gestionnaires à modifier la sensibilité de leur portefeuille en achetant des obligations à plus longue durée. Les gérants qui étaient investis sur des maturités courtes n'ont pas gagné grand-chose depuis le début de l'année. Investis sur les taux longs, ils auraient affiché de meilleures performances. Ceux qui ont raté le train ou sont sous-investis se précipitent donc depuis quelques jours sur les obligations à 10 ans. « Les investisseurs ne sont pas forcément attirés par le niveau absolu des taux, mais surtout par l'urgence d'investir », conclut Eric Debonnet, le responsable du trading et de la vente chez Dresdner Kleinwort Benson. D'autres acteurs du marché se bousculent aussi : ce sont les émetteurs, qui cherchent, eux, à profiter de rendements faibles pour lever des fonds à bon compte. On attend ainsi pour cette semaine environ 12 milliards de francs d'émissions. Des fonds qui seraient levés par France Télécom (2 à 3 milliards de francs), par le Conseil de l'Europe (pour un montant du même ordre), par l'américain MBNA, qui titrisera des crédits accordés sur des cartes de crédit, et peut-être aussi par la Caisse de Refinancement Hypothécaire. Par ailleurs deux autres éléments favorisent le marché obligataire français : il est toujours protégé par l'absence d'investisseurs étrangers qui, n'étant pas porteurs de papier, rechigneraient de toute façon à se mettre vendeurs à découvert. Enfin les obligations pourraient devenir comparativement plus attrayantes, face à un marché d'actions déjà très haut et qui pourrait être pénalisé par certains projets gouvernementaux. Lysiane J. Baudu

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