Les salariés vent debout contre le risque d'une OPA hostile

Si l'éventualité d'une offre de BNP Paribas sur la Société Générale se concrétisait, l'état-major de l'établissement de la rue d'Antin aura maille à partir avec les salariés de la banque de La Défense. Détenant 6,5 % du capital de l'établissement mais surtout 11 % des droits de vote, les employés de la banque ont développé une culture de résistance aux attaques extérieures (1988 et 1999) teintée de fierté et d'attachement à leur groupe.Le président de l'Amicale des cadres de la Société Générale, Jean-Philippe Guillaume, explique : " les cadres de la banque ne remettent pas en cause les lois de l'économie de marché qui font que tout projet d'OPA est justifié s'il est bâti autour d'un véritable projet industriel et de développement. En revanche, il est clair qu'ils s'élèveront contre tout scénario d'offre manifestement opportuniste et qui ne répondrait qu'à une logique financière ". Et d'enfoncer le clou : " toute offre qui serait lancée dans les jours ou les semaines à venir rentrerait forcément dans ce cas-là. Elle serait alors considérée par les cadres de la maison comme la tentative de profiter d'une situation de faiblesse qui n'est que transitoire car la banque est toujours bénéficiaire et dispose de suffisamment de capitaux ".Pour Michel Origier, délégué syndical SNB-CGC de la Société Générale, le lien qui relie les employés SG à leur entreprise puise directement son origine dans la capacité de l'établissement à conserver son indépendance. " Au fur et à mesure des années, les salariés de la Société Générale ont réalisé que le meilleur rempart de sauvegarde de l'emploi est l'indépendance de la banque. " Une indépendance dont Daniel Bouton, à qui le conseil d'administration a renouvelé sa confiance mercredi, est le garant. Pour ce syndicaliste, dont la fédération représente le tiers des salariés de la Société Générale, cet aspect explique en grande partie le soutien que le président du groupe a reçu de ses équipes ces derniers jours. " Nous ne dédouanons pas Daniel Bouton de ses responsabilités, mais nous lui reconnaissons la capacité financière et le fait d'avoir su s'entourer des bonnes équipes ", précise Michel Origier.L'attachement des salariés de la Société Générale à leur entreprise est manifeste depuis une semaine et la découverte d'un trou de 4,9 milliards d'euros dans les comptes 2007 suite à la perte de trading causée par l'exposition faramineuse accumulée par le trader, Jérôme Kerviel. Depuis deux jours, des manifestations spontanées s'organisent sur les différents sites occupés par la banque française, notamment à La Défense. Sur le parvis du quartier des affaires de la région parisienne, l'esprit de corps qui caractérise la culture maison était évident hier après-midi, alors que quatre mille employés étaient massés à l'entrée des tours. Bravant le froid et malgré le vent glacial qui balayait La Défense, ils ont protesté contre le risque d'une offre de rachat hostile. " Non au démantèlement ", " sauvegardons nos emplois " ou encore " non à l'hostilité " , pouvait-on lire sur les banderoles déployées pour la circonstance. " Hier, nous manifestions pour soutenir Daniel Bouton, aujourd'hui, nous nous sommes rassemblés pour défendre notre indépendance ", explique un salarié des services centraux. " C'est nous qui étions en position de racheter un concurrent. Il y a eu cet aléa, mais on se sent forts ", ajoute-t-il avant de rejoindre la chaleur des bureaux.

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