Bruxelles remodèle le paysage bancaire européen

La recomposition du paysage bancaire européen est en cours. À la man?uvre : la Commission européenne et plus précisément sa commissaire en charge de la concurrence, Neelie Kroes (elle a été remplacée le 1er janvier par Joaquin Almunia). Bruxelles a certes admis que les États interviennent pour sauver les banques au dernier trimestre 2008, mais les choses doivent être claires : en Europe, il n'y a pas de « free lunch » ! L'an dernier, la Commission a repris la main et les banques qui avaient bénéficié des aides publiques ont commencé à payer l'addition. Les longs mois de négociation avec Bruxelles sur les mesures compensatoires à mettre en ?uvre pour rétablir des conditions de concurrence égales pour toutes les institutions financières ont parfois abouti à de véritables démantèlements. Une aubaine pour les banques qui ont traversé la crise en limitant la casse? En fin d'année, la Commission avait donné son feu vert aux plans de restructuration d'une dizaine d'établissements. Il lui reste plus d'une vingtaine de dossiers à régler.la fin de l'âge d'orLes mesures compensatoires exigées par Bruxelles n'ont rien de symbolique. En mai, pour continuer à bénéficier des aides publiques, Commerzbank avait dû s'engager à réduire la taille de son bilan de 45 %, et WestLB à diminuer le sien de moitié. Mais c'est au dernier trimestre que le secteur a véritablement pris la mesure de la détermination de Neelie Kroes. Parmi les victimes : ING. Fin octobre, le géant néerlandais s'engageait à céder sa branche assurance d'ici à 2013. D'abord accusée de ne pas vouloir sanctionner les établissements de son pays d'origine, Neelie Kroes n'a en fait pas hésité à signer la fin de l'âge d'or pour les banques hollandaises, déjà marquées par les démantèlements de Fortis et d'ABN Amro.Le belge KBC aura, lui, sauvé son modèle de bancassurance, mais il devra réduire son bilan de 25 % d'ici à 2013. Au programme : la cession de plusieurs établissements belges (notamment la banque Centea et l'assureur Fidea) et d'une dizaine de filiales en Europe centrale et orientale.En Grande-Bretagne, peu de temps après l'annonce du plan de scission de Northern Rock fin octobre, Lloyds Banking Group a promis de céder au moins 600 succursales bancaires (en particulier les marques Cheltenham & Gloucester et TSB), ainsi que le service bancaire en ligne Intelligence Finance. RBS, elle, s'est engagée à vendre 318 agences de son réseau. Pas moins de 10 % du marché de la banque de dépôt en Grande-Bretagne sera ainsi offert à de nouveaux entrants. Enfin, après la validation du plan de restructuration de la banque régionale allemande LBBW, tous les yeux se tournent vers Dexia. Le verdict de Bruxelles devrait tomber très prochainement et les spéculations sur un éventuel rachat des actifs de la banque par BNP Paribas, Société Généralecute; Générale, voire la Banque Postale, vont déjà bon train.

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