La dépense publique démodée

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Il y a un an, tous les pays du monde poussaient les feux de la relance, en croisant les doigts pour que les recettes keynésiennes redécouvertes à l'occasion de la crise fonctionnent. Dès le milieu de l'année, les frémissements du redémarrage de l'activité se sont fait sentir, et le dernier trimestre a confirmé la vigueur du rebond en Chine, aux États-Unis, nettement moins en Europe. Dès lors, il était naturel que les stratégies de sortie de crise se mettent en place. Sachant que tous les déficits budgétaires ont explosé, à la fois par la baisse des recettes et la hausse des dépenses, l'heure est désormais au repli. En France, le Premier ministre, François Fillon, a fixé le cap : gel des dépenses de tous les ministères et croissance des dépenses bridée à 1 %. Aux États-Unis, le budget que présente ce lundi la Maison-Blanche est lui aussi marqué par la volonté de maîtriser les coûts. Rien n'est plus symbolique que l'arrêt probable des missions lunaires de la Nasa. Le président signifie à la nation qu'elle doit choisir : soit la Lune, soit la Station spatiale internationale. C'est au fond le plus difficile message des politiques : voilà ce qu'on poursuit, voilà ce qu'on abandonne. La méthode française est plus sournoise : plutôt qu'arrêter, on asphyxie progressivement. Dans tous les cas, le retour à la normale sera délicat à gérer. Si la dépense publique n'augmente plus, si les ménages épargnent plutôt que de consommer, si l'investissement reste atone, la croissance en 2010 risque de décevoir. À moins d'un enchaînement vertueux : amélioration rapide de l'emploi, poussée de l'investissement grâce aux technologies vertes, réveil des échanges internationaux, retour de la confiance...sgherardi@latribune.fr par Sophie Gherard

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