En 2009, le Fonds de réserve pour les retraites a soutenu les appels d'offres

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Pour la deuxième année consécutive, le nombre d'appels d'offres institutionnels en France a baissé en 2009 passant de 105 à 86, soit un recul de quasiment 20 %. À l'inverse, les volumes ont augmenté de 6,5 % à 19,4 milliards d'euros, contre 18,2 milliards d'euros un an plus tôt. C'est l'une des principales conclusions du bilan annuel publié vendredi par bfinance sur ce marché. Le cabinet de conseils se classe d'ailleurs en tête sur les appels d'offres en 2009 en France avec 40,3 % de parts de marché et 1,9 milliard d'euros intermédiés, suivi d'Amadeis (36,5 % et 1,7 milliard) et Mercer (7,8 % et 375 millions). Pour Muriel Nahmias, directrice des études chez bfinance, « le marché est dans l'ensemble resté stable, la baisse du nombre étant compensée par la légère hausse des volumes ». Du côté des acteurs, le Fonds de réserve pour les retraites (FRR), qui a renouvelé certains mandats arrivés à échéance et en a alloué d'autres en 2009, a été le plus actif. Ainsi, avec un montant de 12 milliards d'euros, répartis sur neuf appels d'offres, le FRR a représenté 62 % des volumes, après 43 % en 2008. Arrivent loin derrière, CDC Retraites et le Groupe Mornay avec respectivement 1,5 milliard d'euros et 1 milliard d'euros d'actifs délégués (gérés par des sociétés de gestion externes). « Mais hors FRR, le marché est en baisse avec 7,4 milliards d'euros en 2009, contre 10,4 milliards d'euros en 2008 », souligne Muriel Nahmias.En termes de répartition des appels d'offres par classe d'actifs, l'étude de bfinance montre que 2009 a été l'année des produits de taux en général. Les institutionnels ont privilégié ces actifs qui ont capté 72 % des volumes, contre 11 % en 2008, soit près de 14 milliards d'euros. Une fois de plus, le FRR se démarque puisqu'il a représenté 11 milliards d'euros sur les 14 milliards délégués. Mais cela ne constitue pas vraiment une surprise dans la mesure où les investissements et classes d'actifs sont déterminés bien à l'avance au FRR. Dans le détail, les mandats ont porté sur de l'obligation crédit « investment grade » libellée en euros et en dollars et de l'obligation indexée sur l'inflation. Et l'institution a lancé un appel d'offres sur des « emprunts d'État monde-pays développés » en décembre dernier portant sur une enveloppe comprise entre 4 et 5 milliards d'euros. spreads très attractifs« Les institutionnels français ont une culture taux, rappelle Muriel Nahmias. Ceux qui ont investi sur cette classe d'actifs fin 2008-début 2009 ont bénéficié de spreads très attractifs. » Et d'ajouter : « Le déséquilibre technique des caisses de retraite ne les incite pas à investir sur des produits de long terme risqués comme les actions, et si la duration de leur passif se réduit, elles joueront sur la maturité de l'actif avec, par exemple, des obligations plus courtes. » Le monétaire a aussi vu sa part de marché légèrement augmenter. En revanche, les actifs risqués ont tous enregistré un recul, les investisseurs faisant preuve d'aversion au risque au moins jusqu'au premier trimestre 2009. Ainsi, les institutionnels ont délaissé les actions dont la part est passée de 47 % à 6 %, soit 1,1 milliard d'euros. Pourtant, les marchés ont entamé une belle remontée à partir de mars 2009. Les investisseurs français seraient-ils frileux et pas très réactifs ? « Un peu des deux, répond un gérant sous couvert d'anonymat. Beaucoup n'ont pas profité du rebond des marchés d'actions. »Ces choix d'allocations pèsent sur l'activité des consultants. L'obligataire est le plus souvent géré en interne, à la différence des actions et autres actifs plus risqués et spécialisés. Et si la plate-forme électronique sur le marché secondaire voit le jour, les institutionnels pourraient être encore plus enclins à faire de l'obligataire en direct. Au final, la part en volume des appels d'offres intermédiés par un consultant est de 25 % en 2009, contre 30 % en 2008. Hors FRR, qui n'utilise plus de consultant, elle est de 62 %. « Mais à peine 3 % de l'encours délégué des institutionnels français est remis en jeu, contre 20 % en moyenne dans les grands fonds de pension sur ces six derniers mois selon notre dernier sondage auprès d'eux », note Muriel Nahmias. gestion tactiqueToutefois, la crise a naturellement conduit les institutionnels à débarquer certains gérants pour des raisons, entre autres, de sous-performance durable, de manque de clarté du processus d'investissement. Ce mouvement devrait se poursuivre. Cela ne signifie pas pour autant une hausse de la part de la gestion déléguée et par conséquent le recours à un consultant. Tout dépend des classes d'actifs privilégiées. Selon bfinance, les institutionnels comptent se renforcer notamment sur la gestion tactique et à performance absolue, même si les obligations devraient rester prépondérantes. n72% c'est ce qu'ont capté en volume les produits de taux au cours de l'année 2009.Les actifs risqués ont tous enregistré un recul, les investisseurs faisant preuve d'aversion au risque au moins jusqu'au premier trimestre 2009.

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