Les géants asiatiques lèvent le pied sur le crédit bancaire

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Tant bien que mal les grands pays d'Asie tentent d'éviter les bulles et les pressions inflationnistes qui, au sortir de politiques monétaires très accommodantes, commencent sérieusement à les assaillir. Dans ce contexte, l'Inde, juste après la Chine, a annoncé vendredi qu'elle allait restreindre les conditions d'octroi du crédit bancaire. La banque centrale indienne a ainsi porté à 5,75 % le ratio des réserves obligatoires des banques (+ 0,75 %). Une mesure qui doit se traduire par le retrait de 340 milliards de dollars du système bancaire. « L'Inde et la Chine sont dans la même problématique, celle de limiter les bulles qui se créent sur le prix de leurs actifs », commente un stratège. Même si, ajoute-t-il, « les tensions ne se situent pas au même niveau : elles sont davantage du côté de l'offre et de la distribution du crédit en Chine, et plus du côté de la demande et de sa répercussion sur les prix en Inde ». Sur le sous-continent, l'an dernier, les montants des plans de relance n'ont pas atteint la démesure chinoise, se limitant à 20 milliards de dollars contre 500 milliards au moins dans l'empire du Milieu. De même, en Inde, le taux de croissance du crédit bancaire tend à s'accélérer en janvier, à 14 % contre 9 % en décembre, mais il reste très en deçà des 20 % atteints en moyenne au cours de la dernière décennie. La hausse des prix de l'immobilier n'est d'ailleurs pas aussi problématique qu'en Chine. Le niveau de l'inflation, induit notamment par la hausse des prix des denrées alimentaires, y est en revanche jugé plus préoccupant. Dans un tel contexte, comment peuvent être interprétés les gestes des banques centrales de ces pays ? Sont-ils le fruit d'une simple normalisation de leur politique monétaire ? Ou laissent-ils augurer des resserrements plus forts ? C'est le coeur du débat sur ces marchés. La preuve. Si l'Inde a frappé plus fort que ce à quoi s'attendaient les analystes ? le consensus tablait sur une hausse de 0,50 % ? les investisseurs ne lui en ont pas tenu rigueur ? la Bourse a même fini dans le vert vendredi ? estimant ce geste salutaire. « L'Inde est moins dirigiste que la Chine. Le mouvement reste encore très graduel », commente un expert. Surtout, « la plupart des banques centrales en Asie se retrouvent pour la plupart piégées », ajoute Edgardo Torija Zane, économiste chez Natixis. « Elles ne peuvent agir avec trop de vigueur contre l'inflation au risque d'attirer, si elles accroissent leurs taux d'intérêt domestiques, un afflux de capitaux spéculatifs et une appréciation de leurs devises ». Leur premier coup de frein a néanmoins d'ores et déjà jeté un seau d'eau froide sur des marchés proches de l'emballement. En Asie, les indices ont chuté de plus de 15 % depuis leur plus-haut atteint à la mi-janvier. En Inde, les étrangers qui avaient investi 1,6 milliard de dollars sur les actions locales sur les deux premières semaines de janvier ont déjà presque tout revendu.

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