Chevillotte a réussi à remonter la pente

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Il y a près de deux ans, Chevillotte, une des grandes signatures françaises du billard, alors en difficultés, quittait le giron familial orléanais pour intégrer Horus Finance, petit groupe financier et industriel. « Tout a été remis à plat, explique Christophe Chevillotte, vice-président de Billards Chevillotte et représentant la 5e génération de la famille, avec trois objectifs : la montée en gamme, l'internationalisation et l'accessoirisation. » Aujourd'hui, Chevillotte (40 personnes, 5 millions d'euros de chiffre d'affaires) a retrouvé l'équilibre et des couleurs. L'entreprise orléanaise, qui fête cette année son 150e anniversaire, affiche toujours une place de leader national sur le marché du moyen et haut de gamme avec 500 billards vendus par an. 30 % de l'activité à l'exportMême si l'entreprise a été mécanisée, la fabrication fait toujours appel aux vieilles techniques manuelles, de rigueur et de précision pour la menuiserie comme pour le drap ou l'ardoise, ce qui explique d'ailleurs son label d'« Entreprise du patrimoine vivant ». Pour cet anniversaire, la PME va sortir un nouveau modèle alors que d'autres sont déjà en préparation. « Nous lancions un nouveau modèle tous les cinq ou dix ans ; désormais ce sera un par an, détaille Christophe Chevillotte, avec le concours de designers comme éric Raffy ou Bernard Moïse. »Cependant, la crise est aussi passée par là, notamment en France où ces billards vendus entre 3.500 et 100.000 euros sont sensibles aux cycles économiques. C'est pourquoi Chevillotte mise désormais sur l'international : en quelques années l'export est passé de 0 à 30 %, vers une quarantaine de pays, notamment dans les anciens pays de l'Est et au Moyen-Orient. « La grande bourgeoisie de ces pays veut adopter une certaine image du luxe et du mode de vie occidental et le billard en fait partie, observe le vice-président de l'entreprise. Cela nous pousse à monter encore en gamme pour aborder le marché du luxe ou de l'hyper luxe. » le pari de «?l'accessoirisation?»Ces nouveaux clients exigent aussi désormais des prestations globales, plus simplement un seul billard, mais une salle de billard privée complète avec tous ses équipements. C'est le pari de « l'accessoirisation » et de « l'entertainment room » avec la livraison d'ensembles complets regroupant des salles de jeux, l'éclairage, des meubles, la décoration. Dans la foulée, Chevillotte décline aussi son savoir-faire dans les services (maintenance, cours de billards), la restauration ou la copie d'ancien comme le billard de Louis XVI qui a été reconstitué dans le cadre d'une opération de mécénat pour le château de Versailles. Remise sur pied, Chevillotte rêve aussi d'autres espaces, d'ouvrir des boutiques sur la Côte d'Azur ou de s'implanter dans des pays porteurs, comme les états-Unis. Dans un premier temps, des accords avec des distributeurs de mobilier haut de gamme devraient se traduire par une présence en Russie, puis en Chine. Une étape qui lui permettra d'imposer définitivement son nom parmi les entreprises françaises du luxe international.

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