Le bâtiment redoute 30.000 nouvelles suppressions d'emplois en 2010

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La crise perdure dans le bâtiment, un secteur qui emploie 1,2 million de salariés et 82.000 intérimaires. Après avoir enregistré 50.400 suppressions d'emplois en 2009, la Fédération française du bâtiment (FFB) en redoute 25.000 à 30.000 supplémentaires cette année. L'organisation patronale, qui regroupe 57.000 entreprises (dont 42.000 artisans), s'attend à un nouveau recul du chiffre d'affaires du secteur de 3 % en 2010, après une chute de 8 % en 2009.Le plan de relance et avec lui les chantiers lancés par les collectivités locales ont permis de contenir la dégradation de l'activité. « Sans ces mesures, la baisse du chiffre d'affaires aurait avoisiné 10 % en 2009 et 5 % en 2010. 30.000 emplois en 2009 et 25.000 en 2010 ont été ainsi sauvegardés », a salué le président de la FFB, Didier Ridoret. Les défaillances d'entreprises de construction ne s'en sont pas moins accrues de 13,7 % en 2009 avec la disparition de 17.440 sociétés, selon Didier Moizo, analyste au sein de l'assureur-crédit Euler Hermès. « Beaucoup concernent des entreprises récentes et fragiles dans un secteur où il s'en crée 6.700 en moyenne par mois. Mais les entreprises plus solides qui ont tiré sur les prix face à la crise vont devoir gérer le redémarrage de l'activité alors qu'elles ont asséché leur trésorerie », note-t-il. Les carnets de commandes se sont redressés dans le gros oeuvre (6,9 mois à fin mars contre 6,3 mois à fin décembre 2009) mais n'ont pas retrouvé le niveau d'avant la crise. L'effondrement des investissements dans l'immobilier de bureau a suscité une chute sensible des mises en chantier de bâtiments non résidentiels, tombées sur les trois derniers mois à 18,5 millions de mètres carrés en rythme annuel, le plus bas niveau depuis 1986. Alors que les promoteurs immobiliers ont enregistré 106.300 réservations de logements en 2009 et que les ventes de maisons individuelles se redressent (+ 18 % en février 2010, sur un an glissant), les mises en chantier de logements neufs n'ont pas réellement redémarré (278.500). Enfin, le marché de l'amélioration-entretien (? 2,5 % en volume en 2009), qui génère 50 % de l'activité du bâtiment, a été très affecté par la contraction de l'activité industrielle et ne traduit pas encore les effets du Grenelle de l'environnement, qui représente pourtant déjà 2,5 milliards d'euros de commandes de travaux. Aussi Didier Ridoret, en bon lobbyiste, implore l'Etat de prolonger le doublement du prêt à taux zéro jusqu'à la fin 2010 et de pérenniser le pass-foncier, qui permet de différer le paiement du terrain, et le dispositif d'investissement locatif Scellier, afin ne pas « mettre en péril l'appareil de production du bâtiment ». Sophie Sanchez

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