Les nouveaux « préfets sanitaires » entrent en piste

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C'est l'une des principales dispositions de la loi Hôpital, patients, santé, et territoires (HPST) votée en juillet 2009 à l'initiative de Roselyne Bachelot qui entre en vigueur ce mercredi avec la mise en place des 26 Agences régionales de santé (ARS). Ces nouveaux établissements publics remplaceront dans chaque région les 7 organismes chargés jusque-là de santé publique dont les Agences régionales d'hospitalisation et les directions régionales et départementales des affaires sanitaires et sociales (Drass et Dass). Les ARS devront piloter la politique de santé dans chaque région. L'une de leurs missions principales sera de «réguler l'offre de soin» selon les termes de la loi. Ce langage technocratique signifie en clair que les ARS devront assumer les regroupements d'établissements de soins publics comme privés, et la responsabilité des suppressions d'emplois que cela impliquera....Pour assumer ces tâches pour le moins délicates, l'Etat a installé à la tête des ARS des directeurs désignés en septembre mais qui seront présentés officiellement jeudi par Roselyne Bachelot. Ces nouveaux «préfets sanitaires», comme on les nomme déjà, sont en majorité des hauts fonctionnaires des affaires sociales ou des membres du corps préfectoral. Mais en Ile-de-France, le choix de l'Elysée s'est porté sur l'ancien ministre rocardien des Affaires sociales, Claude Evin, qui présidait jusqu'à sa nomination la Fédération hospitalière de France (FHF), le lobby des hôpitaux publics. un dossier brûlantLes 26 patrons d'ARS vont vite entrer dans le vif du sujet avec un dossier brûlant : veiller à ce que tous les hôpitaux publics renouent avec l'équilibre budgétaire à la fin 2012, une promesse du chef de l'Etat que celui-ci a rappelé dans ses voeux au monde médical en janvier. Selon Roselyne Bachelot, la situation commencerait à s'améliorer : le déficit des 1600 établissements publics devrait atteindre 592 millions d'euros en 2009, soit 90 millions de poins en un an, a estimé la ministre de la Santé, mardi devant les députés. Il y a pourtant une grosse ombre au tableau : l'Assistance-publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) dont le déficit se monte à 96 millions, cinq fois plus qu'en 2008, et sa dette avoisine 1,8 milliard. Un tout récent rapport de la Chambre régionales des comptes d'Ile-de-France épingle d'ailleurs la gestion des moyens humains, tant médicaux qu'administratifs et la faible productivité à l'AP-HP. Ce qui justifie aux yeux du gouvernement le plan stratégique 2010-2014 de la direction prévoyant 100 millions d'économies par an. L'Elysée comme Roselyne Bachelot ne seront sans doute pas mécontents de faire monter le socialiste Claude Evin en première ligne sur ce dossier... Patrick Coquidé

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