Les banques snobent l'ultime appel d'offres à six mois de la BCE
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La Banque centrale européenne avait promis d'alimenter la totalité des demandes de liquidités des banques de la zone euro pour sa dernière adjudication exceptionnelle à six mois, l'un des outils de sa panoplie de mesures anti-crise. Or, seules 62 institutions se sont présentées à son guichet - une participation inférieure à celle des adjudications hebdomadaires de routine - pour un montant anémique de 17,876 milliards d'euros, alors que les économistes tablaient sur des demandes comprises entre 70 et 100 milliards d'euros. Est-ce la preuve que la crise est derrière nous et que la BCE est désormais en mesure de lever les opérations non conventionnelles mises en place pour guérir la thrombose du marché monétaire ? élément d'incertitudeAu moins trois raisons expliquent pourquoi les banques ne se sont pas bousculées pour profiter de cette ultime opération. D'abord, les taux de marchés, mesurés à l'aune de l'Eonia, le taux au jour le jour de la zone euro, sont nettement plus bas que le taux directeur de 1 % de la BCE, qui fait référence pour les opérations de refinancement. Il se situe en moyenne à 0,33 % depuis le début de l'année. Ensuite, les liquidités sont très abondantes, voire pléthoriques sur le marché interbancaire, évaluées à plus de 210 milliards d'euros, d'où le peu d'intérêt des banques à se procurer des disponibilités supplémentaires. D'autant que, jusqu'en octobre, la BCE s'est engagée à leur fournir des quantités illimitées de fonds à taux fixe lors de ses opérations heddomadaires et mensuelles. Enfin, comme pour la dernière adjudication à un an réalisée fin décembre, la BCE avait renoncé au taux fixe au profit d'une indexation sur le taux moyen en vigueur pendant la durée de vie de l'opération (qui sera débouclée le 30 septembre). Elle a ainsi cherché à tempérer la demande, en introduisant un élément d'incertitude, même si une hausse de son taux directeur apparaît hautement improbable à cette échéance.L'événement majeur des prochains mois sera l'arrivée à échéance de la première des opérations à un an de la BCE le 1er juillet. Les 442 milliards d'euros alloués à l'occasion - un record absolu - arriveront à maturité, ce qui ne va pas manquer d'assécher la liquidité du marché. Tout va dépendre de l'appétit des banques à emprunter de la monnaie banque centrale sur des échéances plus courtes. Sinon, les taux interbancaires seront condamnés à se tendre. nInfographie1 col 50 mm
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