« ? Des fonds de pension publics s'endettent pour faire jouer l'effet de levier ? »

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Philippe Desfossés, directeur de l'ERAFP (établissement de retraite additionnelle de la fonction publique)N'y a-t-il pas une fuite en avant des fonds de pension américains ?C'est un sujet crucial, moins important pour les fonds de pension privés que publics. A titre d'exemple, le fonds de pension du Colorado actualise ses engagements à 8,5 %. Pour avoir une idée de la sensibilité du provisionnement des engagements à la variation du taux d'actualisation, il faut savoir qu'une baisse de 0,5 % de ce taux lui coûterait 4 milliards de dollars de financement supplémentaire. En fait, le problème résulte de la non-reconnaissance du coût véritable de la retraite. On peut le comprendre, car pour les entreprises il est beaucoup moins coûteux de distribuer des droits à la retraite avec un taux de 7 % qu'avec un taux de 5 %. Aux Etats-Unis, le gel des salaires réels a été compensé par l'attribution de droits à retraite qui seront très durs à honorer. Comment, alors, tenir ses promesses ?Pour justifier un taux d'actualisation élevé, il faut dégager un retour sur investissement en ligne avec celui-ci. Comme tous ces fonds de pension ont une part significative d'obligations, dont le rendement est limité, cela pose la question du rendement qu'on peut attendre des autres actifs à risque. Face à la baisse des rendements obligataires, des fonds de pension n'hésitent pas à augmenter cette part, avec des produits structurés ou des hedge funds. Certains fonds de pension publics n'hésitent pas à s'endetter pour faire jouer l'effet de levier. Mais ont-ils le choix dans la mesure où la seule solution vraiment prudentielle serait d'augmenter les cotisations...Le RAFP est-il à l'abri de ces problématiques ?Le rendement technique du régime a été fixé à un niveau volontairement prudentiel de 4 %. Il faut 25 ans pour récupérer ses cotisations, ce qui est cohérent avec l'espérance de vie actuelle. Le taux d'actualisation est de 1,8 % en réel (3,8 % en nominal). Le fonds est investi à 85 % en obligations et 15 % en actions. L'actif obligataire dégage 4,40 % et pour les actions, on prend un taux de dividende à moyen terme. Propos recueillis par Thierry Serrouyaphoto xxxdrLégende en verlag condensé bleu corps 9,5 interligne 10,5 drapeau à gauche en blanc sur bloc deep blue.

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