METTRE MERCREDI MATIN Football : Les supporters du FC Nantes veulent des actions (du club)

 |   |  687  mots
Les supporteurs veulent avoir leur mot à dire. Et face à une gestion fermée du club, quoi de mieux que devenir propriétaires ? C\'est le \"projet un peu fou\" lancé mi-avril par une association de supporteurs du FC Nantes, \"A la nantaise\" . Sous le nom de \"yes we Canaris\", l\'association a entamé une levée de fonds \"pour préparer une sorte de trésor de guerre pour le jour où le club sera mis en vente\", explique Ronan Evain, secrétaire de l\'association.Aujourd\'hui, le propriétaire, Waldemar Kita, provoque quelques tensions face aux supporteurs. Ronan Evain parle de \"désamour\" : \"derrière, il y a une conception traditionnelle de l\'économie du football, avec une gouvernance fermée, peu ouverte à la discussion\". Les supporteurs veulent avoir accès aux comptes, avoir un club \"plus transparent, plus durable\".Un modèle économique \"pas soutenable\"Si Waldemar Kita partait aujourd\'hui, le club connaîtrait de grande difficultés financières. \"Le club ne dépend que d\'une seule personne, explique Olivier Sieuzac, conseiller d\'\"A la nantaise\", ce n\'est pas un modèle économique très soutenable\". Avec la crise économique actuelle, et les difficultés du club, relégué en ligue 2 depuis 2009 après 44 saisons en première division, trouver un autre repreneur pourrait être compliqué. A l\'inverse, les bons succès actuels de l\'équipe, qui a des chances de retrouver la ligue 1, pourrait pousser le propriétaire à vendre, d\'en l\'espoir d\'en tirer quelques bénéfices. \"Si un club a des problèmes et que tout disparait, il restera toujours les supporteurs. Et peut-être les jeunes du centre de formation\", remarque Olivier Sieuzac.Alors les supporteurs se regroupent. Ils regardent ce qui se fait ailleurs. Profitent des différentes compétences de chacun. Il se trouve que la Commission européenne et l\'UEFA (union européenne des associations de football) veulent réformer la façon dont est gérée le football. En Europe, différents modèles existent. Mais le plus intéressant pour les clubs français semble être en Angleterre, où les supporteurs se regroupent pour devenir propriétaires de leur club. Le 10 avril, le club de Portsmouth, confronté depuis plusieurs années à un management opaque, des dettes importantes, et à une valse des propriétaires, est récupéré par ses supporteurs, réunis dans une association. \"Mais les occasions restent rares, pour les supporteurs, d\'acquérir les droits d\'un club\", explique David Lampitt, directeur général de Supporters Direct, une fondation britannique qui promeut l\'actionnariat populaire dans le sport.\"C\'est plus facile en temps de crise\"L\'association \"A la nantaise\" mène une enquête auprès de ses membres. Ils se disent prêts à investir dans le club. Elle fait appel à Supporters Direct, qui lui apporte des conseils pour s\'organiser et être dans une meilleure position pour acquérir des actions. Et le 16 avril a donc été lancé la première phase : la levée de fonds. En attendant de pouvoir réellement devenir actionnaire, même minoritaire, du club.L\'association est la première en France à aller si loin. \"Le contexte est favorable à Nantes, ajoute Ronan Evain, on a répondu à une attente à un moment où on en avait besoin. C\'est plus facile en temps de crise.\" Certains clubs, comme Nancy, Lens, et même le PSG, seraient intéressés, selon le supporteur nantais. En France, trois clubs de rugby disposent déjà de ce qu\'ils ont appelé les \"socios\", des actionnaires supporters : l\'Aviron bayonnais, le stade Français, et le Biarritz Olympique.\"Les supporters ne sont pas que des clients, ils savent les valeurs que le club doit promouvoir, ajoute Olivier Sieuzac, il ne faut pas investir dans un club de foot pour attendre un retour financier, mais plutôt pour défendre ses valeurs\". \"Nous on croit à un football raisonnable\", explique Ronan Evain, qui ne s\'avance pas (encore) à donner de chiffres concernant la levée de fonds.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :