Boeing cherche à rassurer les passagers inquiets de monter à bord du B787

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Rassurer les passagers, reconquérir leur confiance, les convaincre de monter à bord des B787 : c’est l’un des principaux défis à relever pour Boeing et les compagnies aériennes clientes, alors que l’appareil est autorisé à nouveau à reprendre ses vols commerciaux . En particulier au Japon, où les mésaventures du B787 Dreamliner (« l’avion de rêve ») ont eu un fort retentissement en raison non seulement du poids prépondérant de l’industrie nippone dans ce programme mais aussi de l’implication de plusieurs sociétés japonaises dans les incidents du B787 début janvier qui ont conduit à son interdiction de vol le 16 janvier. Japan Airlines (JAL) et All Nippon Airways (ANA) ont en effet été les deux compagnies victimes des deux graves incidents de surchauffe des batteries, lesquelles étaient fabriquées par un groupe japonais, GS Yuasa. Des publicités à 300.000 dollars la page pour s'excuserPour rassurer sur la sécurité du B787 qui reprendra ses services commerciaux en juin au Japon, Boeing s'est payé mardi une pleine page de publicité dans les principaux quotidiens nippons. « Nous avons suspendu tous les vols depuis l'apparition de problèmes de batteries sur le 787, mais nous avons introduit des mesures de sûreté pour répondre à toutes les origines possibles de problème », a indiqué le groupe sur cette page illustrée d'une grande photo de l’appareil en vol. Le prix d'une pleine page de publicité oscille entre 200.000 et 300.000 dollars selon les titres. Le groupe a réitéré ses « profondes excuses auprès des clients japonais et des compagnies » pour la suspension des vols et les inquiétudes qui sont apparues après les deux incidents.Le Q&A d'All Nippon AirwaysBoeing a mis en avant les modifications apportées sur les batteries. « Si un nouveau problème comme une surchauffe devait survenir, le nouveau système d'isolation et d'échappement empêcherait toute atteinte à la sécurité des vols et des passagers, afin que l'avion puisse aller jusqu'à destination en toute sécurité », a assuré le groupe américain. ANA, la compagnie comptant le plus grand nombre de B787 dans le monde (17), a, de son côté, mis en place un site internet très complet d'informations sur le 787. Il y est notamment expliqué le fonctionnement du système électrique de l’avion, le rôle des batteries, les modifications apportées, les tests qui seront faits jusqu’à la reprise des vols commerciaux en juin. Le tout avec un Q&A (questions-réponses) pour répondre à toutes les interrogations des passager. La première question est d’ailleurs celle que tout le monde se pose. « Est-il sûr de reprendre les vols commerciaux alors que les causes des problèmes de surchauffe des batteries n’ont pas encore été trouvées? ». ANA répond que « Boeing a identifié toutes les causes qui auraient pu conduire à ce problème de surchauffe des batteries et que les modifications sur celles-ci les couvrent toutes ». Pour montrer leur confiance dans l’appareil, Ray Conner, le patron de la branche de l'aviation civile de Boeing, et Shinichiro Ito, le président d’ANA était à bord du B787 qui effectuait son premier vol d’essai ce week-end après le feu vert vendredi des autorités japonaises aux solutions apportées sur le B787. 34.000 dollars le billet pour le premier vol en 2011Tous ces efforts pour rassurer les clients sur la sécurité de l’avion contrastent avec les actions marketing menées depuis le lancement du B787 en 2004 pour donner une dimension extraordinaire à cet appareil. Baptisé « Dreamliner », le B787 devait non seulement réduire les coûts d’exploitation des compagnies, mais aussi « révolutionner » le voyage en avion par toute une sorte d’innovations. Hublots plus grands, coffres à bagages aussi, cabine moins de bruyante, moins de turbulences…, autant d’arguments commerciaux qui devaient pousser les passagers vers les compagnies aériennes disposant du B787. Exactement comme l’a fait Airbus avec l’A380, où six ans après sa mise en service, l’attractivité du super jumbo est encore réelle. Or, l’attrait du B787 qui avait poussé un passager à débourser 34.000 dollars pour effectuer le premier vol du B787 d’ANA en septembre 2011, est à reconstruire. Surtout, sans même ambitionner revenir à une telle attractivité, les compagnies aériennes espèrent que le B787 ne suscitera pas le rejet.Reste à suivre l’attitude des passagers. Les problèmes de moteurs (novembre 2010) de l’A380 puis de microfissures sur ailes, n’ont pas eu de conséquences commerciales pour les compagnies clientes. 

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