L'éditorial de François lenglet

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Nicolas Sarkozy affiche toujours son admiration pour les leaders qui parviennent à se faire réélire : si l'élection donne le pouvoir, la réélection consacre la réussite. Aussi ne doit-il pas manquer de respect pour Laurence Parisot, réélue au printemps dernier, qui ouvre ce mercredi la onzième édition de l'Université du Medef. Les relations entre le président et le monde des entreprises semblent pourtant avoir fraîchi. Au Sarkozy libéral et pourfendeur du « modèle français » de 2006-2007 a succédé un président interventionniste et étatiste, qui régente tout de l'Élysée. La crise est passée par là, et avec elle l'usure politique, les vieilles chimères françaises sur l'intérêt général, le poids de l'administration, nos travers en un mot, qui ont peu à peu amodié le verbe et l'action de Sarkozy. Le « modèle français », plus résistant que jamais, a remodelé jusqu'à son critique le plus sévère et le plus clairvoyant. La première phase du quinquennat aura été favorable à l'entreprise : crédit d'impôt recherche, réforme de la taxe professionnelle, suppression de l'impôt forfaitaire, heures supplémentaires sans charges... En matière de niches, Sarkozy n'a pas été chiche. Sans compter les cadeaux incompréhensibles comme la baisse de la TVA pour la restauration ou les aides sectorielles imposées par la crise. Mais la fin du mandat pourrait être parcimonieuse en libéralités fiscales. À cause de la nécessité budgétaire, tout d'abord. À l'heure de la rigueur, fût-elle non assumée, le président n'a plus les moyens de se montrer généreux. Il va même devoir augmenter les prélèvements. À cause de la contrainte politique ensuite, qui va se montrer plus pressante à mesure que s'approche l'élection présidentielle, obligeant Sarkozy à occuper le centre. Et à faire quelques génuflexions ostentatoires devant les statues de saints Patrons bien français, Protection, Réglementation et Redistribution. Les entreprises ont peut-être mangé leur pain blanc. flenglet@latribune.f

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